12 oct. 2008

Pourquoi ne pas voter pour le Bloc Québécois ?

Tous d’abord je dois me dissocier de l’argumentation fédéraliste anti-Bloc habituelle. Vous savez, celle qui dit que le Bloc ne sera jamais au pouvoir, qu’il est impuissant et qu’il est donc inutile de voter pour eux.

De la part d’un parti démocratique cette affirmation est hypocrite car anti-démocratique. Elle confirme qu’un parti majoritaire n’a rien à faire des députés minoritaires et que leurs voix ne sont donc pas entendues. C’est donc dire que même si le Bloc est majoritaire au Québec, il n’a aucune influence sur les décisions prisent par un gouvernement majoritaire fédéral sur des sujets concernant le Québec. La Belle Province se retrouve alors démocratiquement sans voix, n’est-ce pas une belle contradiction pour les défenseurs de la démocratie canadienne ? Un député affirmant que le Bloc est inutile affirme donc du même fait que la démocratie canadienne ne fait pas de sens.

Ceci étant dit, je dois retourner à l’idée initiale de ce texte. Je sais que plusieurs indépendantistes ne comprendront pas ce choix, mais je souhaite que vous fassiez preuve d’un peu d’ouverture en lisant ce texte car je peux vous assurer que mon action est pour moi le meilleur choix possible pour les Québécois.

La stratégie du Bloc Québécois dans ces élections me répugne. Elle est négative, comme celle de tous les autres partis. C’est le dénigrement systématique des autres partis sans exposer de nouvelles idées. Quelles sont les positions du Bloc face à la surpopulation, au développement éolien, aux nouveaux barrages hydroélectrique, à l’immigration, à notre langue, en avez-vous entendu parler ?



De ce fait l’indépendance est mise au rencart par le Bloc. Cette idée qui est à la base même de ce parti, en avez-vous entendu parler ? Comment peut-on affirmer que le Bloc est le seul parti pouvant promouvoir l’indépendance au fédéral lorsqu’il n’en parle jamais ou très rarement sur le bout des lèvres lorsque peu de gens écoute ? Le Bloc ne veut pas perdre les votes des indécis ou de ceux qui n’ont pas d’opinion sur le sujet. Il ne veut pas faire peur à une population aliénée car il sera alors perçu comme le perturbateur de leur sacro-sainte, sainte-paix! Pourtant le Bloc est vraiment le seul parti pouvant promouvoir l’indépendance, et dans le contexte économique actuel il n’aurait aucune difficulté à faire avancer l’idée de décentralisation du pouvoir, et il est évident que cette décentralisation passe par notre indépendance!

Comme nous l’avons vue plus tôt dans cet article et expliqué dans plusieurs articles parus ultérieurement, la démocratie canadienne est dysfonctionnelle, je ne démontrerai donc pas les raisons de cette affirmation dans ce texte, mais plutôt me servir de cet argument pour déduire qu’un vote pour le Bloc est un appui pour ce système électoral déficient. Hors donner son approbation à ce système qui méprise le peuple québécois est hors de question.

10 oct. 2008

Al Gore poursuivit pour fraude par 30 000 scientifiques



Voici un exemple typique de la malhonnêteté d'un gouvernement de gauche. On choisit une cause qui attirera la sympathie des citoyens (qui est contre l'environnement ?) et on échafaude un plan pour se bâtir un capital politique. Quiconque voulant critiquer ou même questionner ce plan sera alors classifié comme étant hérétique puisqu'il s'oppose à une cause juste et saine pour l’ensemble de la population. Hors le fait de questionner une théorie comme celle de Mr. Gore ne fait pas du plaideur un anti-environnementaliste, mais plutôt une personne possédant un sens critique voulant s'attaquer à des causes ayant des effets sur la réalité, tout en éliminant celles qui n'en possèdent aucun et qui sont donc parasitaires. Ces soit disant protecteurs de l'environnement et sauveur de notre planète multimillionnaires ne veulent surtout pas un débat, se qu'ils veulent c'est plus d'argents et surtout plus de pouvoir en vous gardant dans l'ignorance.

La planète n'a nullement besoin de l'humanité pour être sauvée, elle sait très bien prendre soin d'elle même et éliminer ses parasites sans distinction... elle est d'ailleurs passées par des cycles beaucoup plus ravageurs que celui qui, selon les dires de Mr. Gore, nous frappe présentement. Les grandes ères glaciales en sont un exemple. L'humanité s'éteindra, la planète survivra et un nouveau cycle de vie naîtra.

3 oct. 2008

Élection Canadienne 2008

Encore une fois nos chers politiciens nous demandent de choisir lequel d’entre eux est le moins pire. On vous bombarde de publicités négatives chaque parti essayant de miner la crédibilité de l’autre, avec succès, mais aucun d’eux ne vous offre une alternative valable. Nous avons la gauche et la droite. Aucun n’est apte à nous donner les bons côtés de ces deux lignes de pensées, se bornant à représenter un côté ou l’autre.



La démocratie canadienne et le fédéralisme canadien sont des échecs. Le Canada est un très grand pays et il est tout à fait normal qu’un Canadien de l’Ouest ne possède pas les mêmes priorités qu’un Canadien habitant une province maritime. Il est donc impossible pour un seul gouvernement de plaire à tout le monde… sauf si on décide de créer de faux besoins, des besoins qui seraient commun à toute la population, ou en créant de nouvelles menaces qui viendraient détruire notre bien être commun. Le gouvernement pourra alors prétendre pouvoir combler nos manques ou nous protéger contre la menace.

La campagne 2008 est particulièrement marquée par les menaces, environnementales et économiques. Les réchauffements climatiques et les déboires boursiers états-uniens sont les principaux sujets de discussions de nos politiciens, chacun d’eux prétendant êtres plus aptes à lutter contre la menace, mais aucun d’eux ne peut se permettre de faire des promesses impopulaires afin de lutter efficacement contre ces menaces. Le réchauffement climatique n’est pas réellement le problème, il est avant tout une cause. Il est le résultat de notre surconsommation et de la surpopulation. Le problème concernant le plus les Canadiens étant la surconsommation, que devrait faire un gouvernement responsable pour lutter contre cette habitude de vie malsaine ? Nous inculquer de nouvelles valeurs plus fortes ?

Il s’agit de regarder le débat des chefs pour s’en apercevoir. Le seul sujet de conversation est celui de l’argent. On parle environnement ? Non, on parle des solutions environnementales qui seraient les plus avantageuses économiquement, on vous parle de développement durable, toujours inconscient que le problème est justement ce développement, le développement ne pourra se perpétré indéfiniment. On parle de taxer les pollueurs, comme si le fait de taxer annulerait les effets de la pollution. Comment faire de l’argent avec la pollution ?

On parle santé ? Non, on parle de la rentabilité des hôpitaux. Sans investir dans la prévention, sans se soucier qu’un environnement sain est la première étape vers un citoyen en santé. On parle de médicaments et de compagnies pharmaceutiques. Comment faire de l’argent avec la maladie ?

On parle de sécurité ? Non on parle du coût des prisons, on parle de cette soit disant œuvre de bienfaisance en Afghanistan, on veut connaître la date de retour! Mais on parle très peu de se qui si trame. Comment s’emparer d’un territoire étranger et contrôler ses richesses ?

On parle de notre eau ? Non on parle de rentabiliser notre eau. Comment vendre cette ressource naturelle abondante à nos propres citoyens ?

Surpopulation ? Surconsommation ? Manque de vision ? Manque de vrais meneurs ? Mal de vivre de nos citoyens ? Fierté ? Indépendance ? Nationalisme ? Ces sujets sont tabous en politique car on ne voudrait surtout pas faire croire à la population qu’il y a un monde en dehors de l’argent.

Les politiciens ne feront rien. Tout d’abord parce que les citoyens ne voteront pas pour eux s’ils ont le courage de seulement menacer leur confort et deuxièmement parce que ce ne serait pas payant pour eux. La surconsommation rapporte au patronat, ce même patronat qui contrôle notre gouvernement et y place ses pantins, peu importe votre choix de vote, à gauche ou à droite, il sera avant tout un vote pour ce patronat, un appui pour ce système qui ne vous offre aucun choix. Un seul choix s’offre à vous, rejeter la corruption, annuler votre vote.

Il est temps que le Québec se réveil et sorte de cette fédération canadienne vouée à l’échec.

7 sept. 2008

Élections fédérales : Aux urnes, citoyens!

Pour la troisième fois en quatre ans, les Canadiens sont convoqués aux urnes.

En décidant lui-même de mettre fin à son gouvernement minoritaire, M. Harper contourne donc la loi sur les élections à date fixe qu'il a fait adopter. Le scrutin général aurait dû avoir lieu dans un an.

Dans un point de presse après sa visite à Rideau Hall, M. Harper a justifié sa décision de déclencher des élections anticipées en disant que le Parlement était devenu dysfonctionnel. Selon lui, l'opposition n'avait plus du tout l'intention de collaborer avec le gouvernement pour lui permettre de fonctionner.

Vous avez bien lu, troisième fois en quatre ans, preuve ridicule que la démocratie canadienne est dysfonctionnelle. Le Canada est un pays trop grand et trop diversifié pour être gouverné par un seul gouvernement, les intérêts des provinces canadiennes ne sont pas les mêmes, le gouvernement fédéral ne peut donc pas gouverner efficacement. C'est pourquoi le Québec doit se retirer de ce pays qui n'en est pas un, nos priorités, richesses et particularités étant très éloignées de celles des provinces des prairies par exemple.


M. Harper aussi a aussi évoqué la situation économique difficile pour décider de convoquer les Canadiens aux urnes. Il en a profité pour lancer ses premières attaques officielles envers l'opposition.

M. Harper a longuement défendu son bilan de ses deux ans et demi de pouvoir minoritaire. Il a notamment parlé de la réduction de la dette et de la TPS, de la lutte contre la criminalité, de la reconnaissance de la nation québécoise et de son plan pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

La reconnaissance de la nation québécoise est une notion symbolique totalement ridicule, elle ne nous apporte rien de concret, mais le bloc n'a pas eu le choix de l'appuyer sans quoi les fédéralistes du Québec se seraient empressés de monter aux barricades. Mr. Harper ne fait pas mention de la guerre en Afghanistan qui a maintenant fait presque 100 morts dans l'armée Canadienne, sans parler des victimes innocentes du coté Afghan, guerre qui a pour seul but de protéger les intérêts États-Uniens en Asie centrale. Ce n'est pas une guerre pour notre liberté, mais bien une guerre pour enrichir une élite corrompue par le pouvoir et l'argent.


Un deuxième gouvernement minoritaire?

M. Harper a aussi encore une fois laissé entendre qu'il s'attendait à ce que les Canadiens élisent un autre gouvernement minoritaire. Mais il soutient que, même s'il est à la tête d'un nouveau gouvernement minoritaire, il en ressortira tout de même plus fort.

Le gouvernement minoritaire dirigé par Stephen Harper depuis janvier 2006 aura été, de l'histoire canadienne, celui qui aura su durer le plus longtemps.


Ce qui veut donc dire que si les conservateurs sont encore une fois minoritaires (ce qui est fort probable) nous aurons droit à des élections en 2010. Encore des dépenses inutiles causées par notre manque de consensus, l'unité Canadienne n'existe pas c'est un mythe créé par une élite avide de richesse qui veut simplement pouvoir profiter de se que ce beau grand territoire a à offrir, tous pour leurs sales gueules et rien pour vous. Ne soyez pas naïf, les personnes qui dirigent le gouvernement en ont rien à foutre de vous, ils veulent simplement vous en donnez assez pour que vous restiez bien dociles et surtout d'honnêtes travailleurs. La tactique fonctionne bien pour eux... jusqu'ici.

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4 sept. 2008

Suicide : Désarmer l'Amérique


« Le meilleur moyen de réduire la probabilité qu'une tentative de suicide ne réussisse est de retirer les armes de la maison », a écrit le groupe de psychiatres dans l'article paru le 4 septembre.

« Empêcher les personnes suicidaires d'avoir accès à un fusil durant ces périodes de crise est donc crucial pour leur vie », persistent-ils.

Parmi les Américains de tous âges, plus de la moitié des suicides réussis sont le fait d'une arme à feu.

Contrairement aux armes à feu, les surdoses de médicaments ou le fait de se taillader les veines laissent plus souvent une deuxième chance aux personnes en crise.



Ces scientifiques ont dû faire une recherche très exhaustive pour en arriver à ces conclusions! C'est typique, au lieu de rechercher les causes d'un malaise et de travailler à les éliminer, on travail plutôt à restreindre nos libertés (ici je parle au sens générale et non nécessairement des armes à feu) afin d'empêcher des gens désespérés de faire des gestes stupides. Pourquoi les gens se suicident-ils ? Parce qu’ils peuvent avoir une arme à feu sous la main ? Bien sur que non, simplement parce qu'ils ne trouvent pas de signification à leurs vies. Acheter et consommer des biens matériels ne peut rendre un être humain heureux, l'homme a besoin de points de repères et de savoir qui il est, de savoir vers où il se dirige, d'avoir des objectifs autant personnels que communautaires et de se sentir utile à cette communauté. Notre société moderne nous proposes de voté une fois aux quatre ans et de se laisser diriger par des personnes déconnectés de notre réalité ainsi que participer à une certaine expansion économique en produisant et consommant des biens qui sont la plupart du temps biens inutiles. Notre impuissance peut alors nous sembler sans limite, mais ce n'est pas le cas.


Une décision impulsive

Un tiers à quatre cinquièmes de toutes les tentatives de suicide seraient impulsives.

Dans 24 % des cas, il s'écoulerait moins de cinq minutes entre la décision et le passage à l'acte, tandis que dans environ 70 % des cas, moins d'une heure s'écoulerait.

« Le fait que plus de 90 % des personnes survivant à une tentative suicide ne recommenceront jamais montre le caractère passager et bref de nombreuses crises suicidaires », ajoutent-ils.



Le suicide n'est pas une décision impulsive. Une personne saine et équilibrée ne se lève pas un matin en se disant : « bon c'est aujourd'hui que je mets fin à mes jours. » Le suicide est une sorte de dégénérescence mentale, c’est-à dire que les idées suicidaires s'insinuent dans l'esprit d'un homme graduellement parfois causées par des échecs consécutifs ou la réalisation que la vie sur cette terre n'a aucun sens. Le suicide peut être interprété comme un refus d'un individu d'évoluer dans la réalité qui lui est proposé par la société qui l'entoure, il est aussi l’échec de l'individu suicidaire de se trouver une nouvelle voie pouvant apporter un sens à sa vie, pour certains cette voie est la religion et vous les entendrez alors assurément vous dires qu'ils ont enfin trouvés un sens à leurs vies.


Restreindre l'accès aux armes à feu aux États-Unis serait toutefois une tâche difficile. Non seulement les citoyens américains sont ceux qui en possèdent le plus grand nombre au monde, le deuxième amendement de la constitution américaine leur confère le droit de détenir une arme.



Une personne voulant commettre un suicide utilisera l'arme à feu parce que c'est certainement le moyen le plus facile et le moins douloureux de s'enlever la vie, rapide et efficace. En interdire l'accès équivaudrait à dire : « Trouvez-vous autre chose pour vous suicider ».



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30 août 2008

L'Avalée Des Avalés de Réjean Ducharme


Auteur : Réjean Ducharme
Titre : L'Avalée Des Avalés
Éditeur : Gallimard
Nbr. De pages : 379

Voici une œuvre dont la critique est des plus difficiles. Chaque chapitre étant un organe complexe d’une œuvre littéraire d’autant plus complexe, car attention ce bijou ne s’adresse pas aux obtus et aux étroits d’esprits. Que retenir de ce livre sinon qu’il s’empreigne dans votre tête par ses incessant coups de gueules. Pour comprendre toute l’ampleur vous devrez rejeter tout ce que vous croyez être vérité et vous ouvrir sans jugement à cette petite fille appelée Bérénice. Par elle, Ducharme vous fera ressentir tout se qu’elle ressent passant du désespoir à la tendresse puis à la haine en claquant des doigts. Il aime vous choquer, vous surprendre, vous faire sentir minable, la morale, il ne connait pas. Grâce à lui vous apprendrez peut-être une nouvelle signification du mot amour ou du mot haine.

Vous découvrirez une œuvre qui n’essaie pas d’être moralisatrice ou de passer un message quelconque, non son objectif premier est de vous faire sortir de votre stupeur, d’allumer le feu en vous, de vivre enfin, par la haine s’il le faut. C’est l’objectif premier de l’héroïne de ce livre, elle veut avant tout vivre, elle veut aimer et être aimer et si ce n’est pas possible elle choisira de renier ou de détester, peu importe si c’est réciproque. Car voilà Bérénice est une jeune fille solitaire ne connaissant pas de morale sauf la sienne, elle décrit le monde qui l’entoure de son point de vue et ce point de vue lui appartient, il est sien et personne ne pourra le lui enlever, elle veut simplement s’inventer un monde à l’image de cette réalité qui est sienne. N’est-ce pas se qui fait rêver notre jeunesse ? Notre innocence, nos insouciances, notre naïveté, mais surtout notre pureté.

S’ensuit l’adolescence, ou si vous préférez, la perte de la jeunesse. Pour moi cette jeunesse est personnifiée par Constance Chlore, d’où cette force qui entraîne Bérénice à tout faire pour ne pas trahir cette ancienne amie disparue, cette seule image qu’il lui reste de sa jeunesse. Elle se révolte, se déchaîne contre le conformisme, mais aussi contre ce monde des adultes dont elle ne veut pas faire partie, car pour elle il ne fait pas de sens. Qui pourrait lui en vouloir puisqu’aucun adulte ne lui sert d’exemple. Je ne ferai pas plus de révélation sur le roman, je ne voudrais pas gâcher votre surprise et puis chacun peut faire ses propres observations car c’est un roman qui fait grandir le lecteur.

Réjean Ducharme est, à ma connaissance, le plus grand auteur romanesque québécois. Dans l’«Avalée des avalés» Ducharme n’écrit rien pour rien, ne se perd pas dans les longues descriptions ou les discussions futiles, chaque mot et chaque phrase sont choisies pour en arriver à un style incisif où chaque phrase peut vous faire passer d’une vérité à une autre qui peuvent parfois êtres contradictoires, cette langue qu’il adore, qu’il manipule, qu’il réinvente par un vocabulaire riche, nouveau et évocateur, voilà se qui fait toute la beauté de cette œuvre grandiose. Cette écriture si intense est souvent incomprise par certain, il faut peut-être savoir lire pour aimer Ducharme… quoi qu’il en soit, il faut certainement être très attentif pour en reconnaître toute la profondeur.




Chapitre 27

Je regarde dans la nuit au travers de mes cils rouges, de mes cils longs et raides comme des cils de poupée. Au travers des ténèbres, je vois quelqu’un, je les vois : elle et son chat. Elle est dans ma chambre. Elle me protège. Je suis malade, faible. Je ne suis pas en mesure de monter la garde. Elle monte la garde à ma place. Elle reste avec moi pour m’aider à repousser la mort si elle s’avisait de surgir, d’attaquer. Seule dans cette chambre, dans l’état où je suis, la mort aurait beau jeu. Elle n’aurait qu’à entrer et me prendre. Elle est dans ma chambre. Elle est dans ma vie. Mais il n’y a pas de quoi s’attendrir. Tantôt elle est dans ma vie, tantôt dans la vie de Christian, tantôt dans celle d’Einberg. Je ne suis qu’un visage, et la chambre de sa solitaire toute-puissance, comme celle de bien d’autres, est pleine de visages. Elle est bien trop occupée. Elle a beaucoup trop à faire. Je ne veux pas être un visage parmi mille. Dans ces chambres à mille visages je préfère n’être aucun visage. C’est bien trop dangereux. On risque d’être oublié, d’être égaré, d’être victime de toutes sortes d’erreurs. Dans une âme où il y a mille visages, le visage appelé Bérénice risque d’être confondu avec le visage appelé Antoinette. Je ne me sens en parfaite sécurité que dans une âme où il n’y a que moi ; dans la mienne par exemple. Si Chamomor avait voulu, nous serions amis à l’heure qu’il est. Nous serions ensemble jour et nuit, heure après heure. Nous serions en train de faire un voyage sans fin. Elle serait le seul habitant de ma vie et je serais le seul habitant de sa vie. Elle serait fière de m’avoir, elle qui aime les laids. Je serais fière de l’avoir, moi qui aime les beaux. Pour être le seul visage dans une âme, il faut en déloger tous les autres. Et, dans l’âme d’une adulte comme Chamomor, il s’en entasse tellement de visages, visages de morts comme visages de vivants, visage de choses comme visages d’animaux et d’hommes, qu’on ne s’y entend même pas parler. Va-t’en, Chamomor. Avec une âme telle que tu en portes une, tu ne sers à rien, tu es tout à fait inutile, tu es même nuisible, tu ne fais que me faire perdre mon temps.

Chamomor prend une gorgée de cognac. Chamomor flatte son chat à rebrousse-poil et il jette des étincelles. Il y a en elle quelque chose qui me fascine, m’attire, quelque chose comme un vide. J’ai si mal que les ténèbres me brûlent les yeux. J’ai besoin d’elle, d’être abritée, qu’elle me tienne et me flatte comme elle tient et flatte Mauriac II. C’est comme si par toute la neige elle était la seule maison. C’est ma mère après tout! Si je me laisse aller, je me sentirais toute chose, toute moite en dedans. Si je me laissais aller, je choirais dans ses bras, l’y aimerais, m’y sentirais au chaud, y pleurerais comme avec plaisir. Tout ceci n’est qu’instinct, lâcheté, désespoir, aberration. Aimer ne doit pas être : se laisser passivement pousser dans les bras de quelqu’un. Aimer ne doit pas pousser dans l’âme comme l’ongle au bout du doigt. Ne te laisse pas faire. Hais plutôt.

24 juin 2008

La St-Jean-Baptiste : L'indépendance du Québec!


C’est aujourd’hui la fête nationale du Québec. Nous l’appelons désormais fête nationale, mais le fait est que, politiquement, le Québec n’est pas une nation. Un gouvernement étranger écrit encore certaines de nos lois, renforcissant toujours son emprise grâce à l’immigration et sa politique des deux langues officielles. À cause de tout ceci Montréal deviendra bientôt une ville où l’anglais sera majoritaire. Le Québec n’a pas à faire directement face aux problèmes de surpopulation, en fait, ici, comme en Europe, il y a décroissance de la population. Pendant ce temps le ratio immigrant/Québécois augmente lentement, mais surement. Il n’est donc pas difficile de réaliser que le multiculturalisme détruit notre nation.






On pourrait alors se demander : « Pourquoi célébrons-nous alors ? »



Comme partout ailleurs, les Québécois n’aiment pas faire face à la réalité et souffrent d’un profond manque de valeurs plus honorables. Additionné à cela le fait que la St-Jean est un bon prétexte pour se saouler et d'avoir une journée fériée et vous avez soudainement une bonne raison de « célébrer. » Le fait que nous avons dut nous battre pendant 400 ans afin d’assurer notre survie en tant que peuple ne les intéressent pas. Et oui, 2008 est se que nous pourrions appeler une année « spéciale », car elle marque la fondation de la plus vieille ville d’Amérique. La ville de Québec est vieille de 400 ans.



Samuel de Champlain était son fondateur; un homme de courage, de bravoure et de détermination. Même à ce moment il avait à combattre le mercantilisme; à combattre les marchants qui ne voulaient pas le voir établir une colonie française en Amérique, provoqué par la peur de perdre beaucoup d’argents. Il combattu ces marchants, l’océan et les hivers rigoureux avec l’aide des Amérindiens, et il gagna. Mais, 400 ans plus tard, nous sommes toujours une colonie, parce que nous semblons aimer l’état dans laquelle nous sommes. Nous avons peur de prendre le risque, peur de penser par nous-mêmes et prendre les reines de notre destiné, comme un adolescent qui refuse de grandir. Malheureusement, Champlain n’est désormais plus notre héro, Riel, Chevalier De Lorimier, Bourgault et Papineau, ces patriotes ne sont plus nos vieux héros. Notre héro est un marqueur de 50 buts de la Ligue National de Hockey. Les gens ne se préoccupent plus du passé ou du futur, se qu’ils veulent c’est éviter l’adversité au présent.



Tout ceci causés par notre profond manque de valeurs. Ce manque de signification dans nos vies à fait en sorte que cette nation n’accorde plus d’importance aux valeurs nobles comme le courage et la bravoure. Est-ce que l’indépendance est possible dans cette situation ? Je ne crois pas.



Mais il y a toujours de l’espoir. Nous n’avons pas survécu 400 ans pour rien. Nos ancêtres étaient fiers. Ils ont choisis de vivre en Français lorsque l’argent était contrôlé par les Anglais. Les Québécois colonisés se plaisent à dire que nous sommes une gang de perdants parce que nous avons perdu la bataille sur les plaines. La révolte des patriotes a échoué, le FLQ fut écrasé par l’armée canadienne et nous avons perdu deux référendums sur l’indépendance. Personnellement, ces événements ne veulent pas dire que nous sommes des perdants, mais que nous sommes de fiers combattants qui se sont battues pour le peuple. L’indépendance sera possible si nous nous remémorons le courage et la joie de vivre de nos ancêtres. 400 ans d’histoire c’est court comparés aux vieux pays Européens, mais c’est notre histoire et nous devons nous battre pour elle.



Vive la liberté! Vive l’indépendance!

13 juin 2008

Ba-be-bi-bo-bu


Tous les bébés sont plus ou moins prématurés à la naissance, puisqu’ils ne peuvent se nourrir seuls et sont incapables de se déplacer ou de parler. Les chiots se débrouillent en quelques heures, les poulains sont sur pattes le jour même, mais les petits de l’homme restent désemparés. Or, cette situation quasi larvaire nous procure un avantage sur les autres êtres vivants : grâce aux parents, l’enfant deviendra de plus en plus autonome et apprendra une ou plusieurs langues.






Par Jacques Godbout

publié dans www.lactualite.com du mois de juillet 2008



Dans une collection intelligente de livres consacrés à l’histoire de la Terre, de Dieu ou du bonheur, voici celle du langage, pleine de surprises. Concédons que les animaux, y compris les insectes, possèdent une forme de langage ; ils communiquent par phéromones ou par des chants. Mais c’est la langue qui nous distingue des grands singes, dont nous partageons quasiment tous les gènes.



Il y a de cinq à sept millions d’années, quelque part en Afrique, l’homme s’est séparé de ses cousins simiesques. Il y a deux millions d’années, il a inventé des outils, mais les animaux aussi en créent. La maîtrise du feu, par contre, aurait changé la vie des hominidés, la cuisson des viandes et des végétaux favorisant l’accroissement du volume du cerveau. Certains croient que c’est au coin du feu que nos ancêtres, pour se raconter des histoires, ont élaboré des langues. L’écriture (des chiffres, puis des lettres) est apparue il y a 8 000 ou 10 000 ans.



Sommes-nous seuls à parler, discuter, penser ? On ne sait. Kanzi, un singe bonobo, chimpanzé de la forêt congolaise, utilise 250 lexigrammes et comprend 500 mots, même au téléphone ! Par contre, il semble que nous soyons les seuls à conjuguer le passé et le futur de nos verbes d’action. Ce qui est sûr, c’est que nous possédons un mécanisme qui nous permet d’émettre une immense variété de sons. Notre larynx se serait positionné quand nos ancêtres, en courant dans les steppes, ont modifié leur cage thoracique. Peut-être. On sait que la fonction ne crée pas l’organe, mais la sélection naturelle est un des principes de la théorie de l’évolution de Darwin.



Apprendre une langue, c’est vivre dans un utérus culturel. Les parents n’enseignent pas à parler à leurs enfants, ils leur fournissent des modèles de langue et de culture. Le cerveau du bébé, « même s’il ne représente que 2 % de sa masse corporelle, pompe de 20 % à 25 % de l’énergie dépensée ». L’apprentissage fœtal des sons commence au dernier trimestre de la grossesse. Le milieu utérin est bruyant, l’enfant entend tout : « le flux artériel dans le placenta, les borborygmes intestinaux et les battements cardiaques de la mère » en plus de sa voix, transmise dans le bain amniotique. Pour se faire entendre, le père aurait avantage à coller sa bouche sur le ventre de sa femme.



Bébé reconnaît les comptines que sa mère chantait pendant la grossesse; il suffit de mesurer l’accélération de sa tétée pour le savoir. Quatre jours après sa naissance, le bébé identifie la voix de sa mère et peut même différencier sa langue maternelle d’une langue étrangère. À cinq mois, un bébé américain peut percevoir l’accent britannique tellement il a l’ouïe fine. Des tests l’ont démontré.



Qu’est-ce qu’une langue ? Une onde acoustique continue, du genre « bonjourcommentallezvous ? », que le cerveau va apprendre à décoder, en distinguant les mots et le contexte. Le langage est génétique, la langue, un produit culturel avec sa prosodie et son babillage propres. L’enfant crie, chuchote, grogne, bave en expulsant de l’air... Il lui faut contrôler environ 70 muscles pour parler : ceux du palais, de la mâchoire, des lèvres, de la langue. On comprend qu’il faille quelques années pour savoir s’exprimer correctement.



Contrairement aux idées reçues, la structure d’une langue ne modifie ni la pensée ni la façon de voir la réalité. On a tout avantage à parler plusieurs langues, le trilinguisme est un idéal, le bilinguisme n’est pas un danger. En fait, « des populations entières peuvent être bilingues ou trilingues » : la majorité des adultes néerlandais, par exemple, parlent l’anglais, mais ils n’ont pas pour autant perdu le néerlandais et y sont très attachés.



Les savants qui étudient la pyramide des âges des locuteurs craignent que la moitié des 6 000 langues humaines parlées aujourd’hui ne se soient éteintes avant la fin du siècle. Grâce au français, langue internationale, nous ne sommes nullement menacés, à moins de nous replier sur notre « créole ». La grande leçon à retenir ? Les bébés demeurent, avec les États, les véritables remparts contre la disparition de toute langue maternelle et officielle.



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Beau discours détourné et malhonnête de la par de Mr. Godbout afin de prêcher l'assimilation par le bilinguisme. Si la langue ne modifie ni la pensée, ni la façon de voir la réalité alors pourquoi devrions nous en apprendre plusieurs ? Il est vrai que parler une autre langue peut s'avérer être un outil très utile, mais où Mr. Godbout veut en venir avec ce discours est que le lecteur Québécois de L'Actualité se disent que toutes les langues s'équivalent et qu'il n'est donc pas important d'avoir un sentiment d'appartenance pour notre langue, puisqu'il considère ce geste comme un replis sur soit. Si on veut vraiment lutter pour la survivance d'une langue on doit en faire la promotion et non être passif en s'appuyant sur des théories évasivent dans le seul but de se donner bonne conscience. En réalité ce texte est un véritable pamphlétaire faisant la promotion du bilinguisme anglophone et le bilinguisme au Québec équivaux à la mort du français, si rien n'est fait pour le promouvoir, il deviendra rapidement langue seconde puis un simple outil. Mr. Godbout n'a pas utilisé l'exemple des Néerlendais innocement, mais se qu'il oubli de mentionné est que le contexte Québécois est fort différent et puis être seulement attaché à une langue n'est pas suffisant, il faut l'utiliser pour qu'elle puisse être en santé.



Le bilinguisme n'est pas un danger seulement si la langue seconde demeure un simple outil. Dans ce cas cet outil pourrait être chez un individu l'anglais, chez un autre l'allemand ou le mandarin, la langue seconde demeurrera à ce moment un simple outil puisque le peuple aura une seule langue commune, mais si une population entière doit adopter une seule et unique langue seconde, cette langue aura tôt fait d'empiéter sur la langue primaire qui deviendra bientôt elle aussi langue seconde dans une situation comme celle du Québec. Les apôtres du bilinguisme à tout prix le savent très bien et sous entendront toujours que cette langue seconde doit être l'anglais. Bravo pour votre torchon Mr. Godbout je suis certain que votre patron Desmarais est très fier de votre travail.

10 mai 2008

Les Colonisés







Ce court extrait d’un discours de Pierre Bourgault explique pourquoi beaucoup de Québécois affichent une attitude de colonisée. Pourquoi ils n’éprouvent aucune fierté à être se qu’ils sont et pourquoi ils tentent de frapper aux genoux ceux qui se lèvent debout.



Vous connaissez certainement une personne comme celle-ci. Une personne qui souhaite notre disparition par l’assimilation, elle ne le dira probablement pas clairement, mais ses dires et ses actes le démontrent tout de même. Ce type de personne n’a en général rien à faire des faits historiques se contentant de connaître seulement les grandes lignes. Lorsque nous transformons ces personnages, qui se sont tenus debouts et grâce à qui nous sommes encore ici aujourd’hui, en martyrs, nous en faisons des icônes auxquelles nous ne voulons pas nous associés, pourquoi voudrions nous nous identifier à ces perdants ? Ces grandes lignes de notre histoire dont fait allusion Mr. Bourgault dans cet extrait pourraient laisser croire que nous sommes un peuple vaincu, mais ce n’est pas le cas, malheur aux fédéralistes. Car en réalité ces personnages historiques ne sont pas des martyrs, mais bien des héros, héros par leur courage et la noblesse de leurs actes, non ce ne sont pas des perdants, parce que nous sommes toujours ici parlant leur langue en terre du Québec. Nous serons vaincues seulement lorsque nous cesserons de combattre, c’est pourquoi ceux qui osent combattre attirent la foudre de ceux qui sont à genoux, car ils reflètent leur état d’assimilé, de vaincu sans fierté. Bien sur ils ne l’avoueront jamais, prétextant qu’ils n’en ont rien à faire, même si leur attitude prouve le contraire puisqu'ils se donnent la peine de débattre avec vous. Ils vous traiteront probablement alors de fou ou de paranoïaque ou tenteront de vous ridiculiser.



Il y a aussi ces gens qui sont complètement désintéressés. Ces gens qui ne veulent pas être dérangés et qui ne veulent pas lutter activement. Ils écoutent « Tout Le Monde En Parle » et se disent conscientiser par ces discours politiquement corrects qui n’affichent aucune opinion claire, fuyant les conflits, même les conflits d’opinions! Bref la conscientisation n’est pour eux qu’un moyen de se donner bonne conscience, passer à l’action ne les intéressent aucunement, leur routine étant individuellement trop confortable pour être bouleversée par une futilité telle que la survivance d’un peuple en lutte. Mais il est encore possible pour ces personnes de changer et c’est pourquoi la S.N.Q. fait la promotion du nihilisme. Le nihilisme permet à un individu de détruire ses valeurs de défaitisme et de fatalisme qui cause la passivité et la fuite des conflits qui ont pour conséquences notre « assimilation tranquille », pour les remplacer par un système de valeurs permettant de mieux faire face à la réalité. La réalité du Québec étant la destruction de notre culture par la globalisation entrainant notre assimilation et peut-être un jour notre disparition, nous nous devons de faire la promotion du nationalisme afin de faire renaître notre fierté et ainsi redevenir le peuple fort que nous étions jadis.

3 mai 2008

La Récup

Michel Rioux




Tout le monde sait qu’un des piliers de la lutte à la pollution et de l’utilisation rationnelle des ressources, c’est la récupération. Communément appelée « récup » en vernaculaire militant…



Il s’en est fait pas mal, de la récup, lors du passage de Al Gore à Montréal où, à l’invitation de La Presse et sous les auspices de Power Corporation, une grosse soirée mondaine en queues de pie et robes à traîne a marqué l’événement à lui consacré à la Place des Arts.



Ce qui a donné, dans le quotidien des Desmarais père et fils et belles-filles, plusieurs pages d’articles et de photos où les grandes et les grands de ce monde rivalisaient d’aménités et de sourires satisfaits à l’endroit de celui à qui le frère de l’autre, Jeb Bush, a volé son élection à la présidence des États-Unis, en 2000, grâce aux trois voix du collège électoral de Floride livrées par fraude à W. On sait dans quelle catastrophe planétaire cette fraude électorale a plongé non seulement les USA, mais l’univers tout entier.



Cependant, force est d’admettre que le monsieur, même s’il a été oscarisé et nobellisé, n’est pas nécessairement touché par la science infuse. Quand il s’est fendu de fleurs plus odorantes les unes que les autres à l’endroit des politiques environnementales de Jean Charest et de son gouvernement, j’ai ressenti comme une petite gêne.



Je me suis rappelé la visite du révérend Jesse Jackson lors de la crise d’Oka et de la conférence de presse qu’il avait faite sur place. Il y dénonçait avec tout le pathos qu’on lui connaît la mord d’un Mohawk aux mains de la Sûreté du Québec. La tête qu’il avait quand un journaliste lui avait glissé à l’oreille que c’était plutôt un policier qui avait été descendu par une balle amérindienne…Visiblement, il avait été fort mal informé.



Même chose pour Gore. Se peut-il que personne ne lui ait glissé un mot sur les hauts faits libéraux en matière de protection de l’environnement ? Que personne ne lui ait parlé de Rabaska, ce port méthanier qu’on veut installer en face de l’Île d’Orléans parce qu’aux États-Unis, personne n’en veut sur la côte Est ? Que personne n’ait fait allusion au scandale du mont Orford ? Que personne n’ait rappelé le projet du Suroît, de triste mémoire ? Que personne n’ait attiré son attention sur ce pont qu’on s’empresse de construire à Montréal sur l’autoroute 25 sans attendre que toutes les étapes visant à juger des dangers sur l’environnement ne soient franchies ?



Fallait pas compter sur Junior Desmarais pour faire la job. Gaz de France, privatisé par les bons soins de Nicolas Sarkozy au bénéfice de Suez, dont les principaux actionnaires sont Paul Desmarais et son copain de toujours Albert Frère, est l’une des entreprises engagées dans le projet Rabaska. Il y a tellement de retours d’ascenseur dans ces opérations qu’on en attrape le tournis.



Et les sables bitumineux en Alberta ? Un organisme réputé dans la défense de l’environnement a déjà déclaré qu’il s’agit là du projet le plus dommageable et le plus toxique dans le monde actuellement. Quand même curieux que M. Gore n’ait pas une petite idée là-dessus.



C’est vrai qu’en présence de Junior Desmarais, c’était un peu embêtant de donner son opinion. Pourquoi ? Total, autre entreprise française dans laquelle les Desmarais ont des intérêts, est engagée jusqu’aux oreilles dans les sables bitumineux. Le fils Desmarais en disait d’ailleurs ceci : « Nous sommes très heureux de notre investissement dans Total, il n’y a rien d’autre à dire. »



Le grand environnementaliste canadien David Suzuki, qui a déjà soutenu qu’un politicien qui ne s’engage pas à lutter contre le réchauffement climatique devrait être mis en prison, souriait béatement au bras de Gore et d’André Desmarais.



C’est ce même Suzuki qui avait déclaré il y a quelques années que Lucien Bouchard avait fait « a crazy thing » en militant pour la souveraineté du Québec plutôt que pour l’environnement … Comme si les deux étaient incompatibles. De ce côté-ci de la rivière Outaouais, on prétend pouvoir marcher et mâcher en même temps !



Gore, Suzuki, Desmarais, Lemire, Guilbault, Charest et autres m’as-tu vu présents ce soir-là à la Place des Arts ont tous, à leur manière, donné raison à La Rochefoucauld, qui a écrit, il y a trois siècles : « Les vertus se perdent dans l’intérêt comme les fleuves dans la mer… » Une autre face de la récupération, en somme.



Lien



Qu'il est beau de voir ces «bigs boss» et chefs d'états se féliciter mutuellement de leur bonté et leurs bonnes actions, qui ont en fait aucune conséquence réelle, pendant qu'en arrière plan la corruption reigne et nous simples citoyens on regarde passer la parade les bras croisés plongé dans notre passivité, notre défaitisme et notre sentiment d'impuissance, trop contents de nous bercer dans notre complaisance. Les choses n'ont pas bougées depuis «Le Temps des Boufons» de Falardeau, toujours les mêmes capitalistes verreux qui nous méprisent, «crosseurs, menteurs, voleurs et ça se reproduits de père en fils!» Il est temps que les choses changent.






Le Temps Des Bouffons 1/2














Le Temps Des Bouffons 2/2