16 févr. 2009

Matériel Scolaire Du Canadien

Quelle belle trouvaille que de tenter de faire passer une subvention substantielle au club de hockey Canadiens comme remède pour aider la réussite des garçons. Ils ont le dos large les garçons. Effectivement, le ministère de l’Éducation a remis en 2007 et cette année encore un montant total de $250 000 à la Sainte Flanelle pour bâtir du matériel pédagogique.

Si je ne m'abuse, on parle bien ici d'une compagnie privée qui gère des millions et qui fait des profits, non? Il est vrai que le hockey dans l'imaginaire québécois de même que dans la vraie vie prend beaucoup de place. Il est vrai également que les garçons sont fort intéressés par ce sport de même que plusieurs filles. Il est tout aussi vrai que de se servir de cette équipe, de ses joueurs pour développer l'intérêt chez les jeunes de la lecture ou de tout autre élément des programmes peut s'avérer une excellente avenue.

Mais il faut se le dire, matériel pédagogique ici semble dangereusement être synonyme de matériel promotionnel. Si les compagnies privées peuvent mettre la main à leur guise sur des centaines de milliers de dollars, gracieuseté du ministère, pour se promouvoir et faire passer ça pour du matériel pédagogique, combien d'argent verrons-nous ainsi s'envoler vers le privé une fois de plus?

Mireille Proulx est vice-présidente du Syndicat de l’enseignement de Champlain (CSQ)



Non seulement il est injustifiable qu’une compagnie à but lucratif comme le Canadien obtienne du financement par notre gouvernement pour contribuer à l’éducation de nos enfants, mais il est aussi inquiétant de voir que nous devons avoir recours à ce type de stratagème pour inciter nos jeunes à étudier. Je m’explique :

Voici deux exemples de problèmes qui pourraient se retrouver dans ce cahier d’exercices.

Si X = 2 000 000 et que le joueur du Canadien le mieux payé gagne 3 x X cette année, quel est son salaire annuel? Un indice, son salaire est supérieur de 3,8 fois la somme accumulée dans une vie d’un travailleur moyen qui gagne 35 000$ par année pendant 45ans.

Si 10 Québécois réussissent à se faire repêcher dans la ligue nationale en 2008 et qu’il y a 1 000 000 de Québécois âgés de 17 à 19 ans à cette même période, qu’elles étaient les chances qu’un jeune québécois se joigne à la ligue nationale en 2008?

Répondez à ces 2 questions toutes simples et vous verrez à quel point on vend du rêve à nos enfants. Nous ne les préparons pas à faire face à la réalité, peut-être parce que nous savons que ce serait trop dur sur leur moral. Ces joueurs de hockey possèdent seulement du talent dans un sport donné, pourquoi en faire des modèles de réussites à nos jeunes? Ils ne contribuent en rien au meilleur fonctionnement de notre société.

Vous connaissez l’image d’un homme assis sur un âne tenant une carotte au bout du nez de l’animal pour le faire avancer? Remplacer l’âne par un enfant, la carotte par le rêve et l’homme par nous les adultes. C’est de cette manière que vous voulez motiver vos enfants à étudier?

Voici deux questions qui me semblent plus vraisemblables.

Roger se permet de mettre 5000$ par année sur une voiture qui lui en coûte 24000$, en combien d’années pourra-t-il rembourser son foutu prêt?

Si un homme gagne 5 000 000 de dollars par année pour pousser une puck et donne 20 000 dollars à une œuvre caritative quel pourcentage de son salaire donne-t-il? Si un autre gagnant 30 000 dollars par année à la sueur de son front et en donne 500, quel pourcentage de son salaire donne-t-il? Laquelle de ces 2 personnes sera considérée comme un héros?


10 févr. 2009

Les «maladies mentales» des indépendantistes


Lors de mes nombreuses «discutions» avec des fédéralistes à propos de l’indépendance du Québec dans la vie de tous les jours ou sur des forums ou blogues, j’ai souvent eu droit à des qualificatifs peu élogieux à propos de mon état psychologique. Bien sur il y a les insultes faciles d’usages fréquents chez des personnes ayant peu de connaissances dans le domaine, et ce, dans les deux camps, par exemple «mangeux de marde fédéraste» ou bien «criss de séparatissss». Je recommande aux indépendantistes de ne pas embarquer dans ce genre de chose, tout simplement parce que l’on passe pour une gang d’épais. Par contre lorsque j’ai eu à sortir plusieurs arguments sur un sujet donné et que le fédéraliste en face de moi se retrouvait sans argument, j’ai généralement eu droit à des remarques qui sont aussi gratuites, mais qui sont toute fois plus subtile, on mettra en doute votre santé mentale. J’ai donc choisi de faire un petit guide décrivant nos soi-disant maladies mentales. Discutons-en entre amis et nous pourrons peut-être en guérir!

Lorsqu’un fédéraliste se retrouve dans une situation où il ne trouve plus d’argument pour justifier son point de vue il peut arriver qu’on vous qualifie de frustré. Vous êtes un frustré parce que vous ne voulez pas accepter le fait que notre bataille est déjà perdue et que vous feriez bien de prendre votre trou. En étant devant cette affirmation, cette question me vient à l’esprit : « Qui est le véritable frustré? » La personne qui lutte pour préserver la spécificité de son peuple? Ou la personne qui ne peut accepter de voir une personne lutter pour cette même raison? La bataille n’est pas terminée et n’est pas perdue, elle n’est pas terminée, car le fédéral continu sa politique d’assimilation et de déséquilibre fiscal et elle n’est pas perdue, car je travail présentement à écrire un texte sur l’indépendance du Québec. Notre cause ne sera pas perdue tant qu’il y aura des gens pour promouvoir notre émancipation.

On peut aussi vous dire que l’amertume dicte votre façon de penser. Vous êtes amers, car vous êtes incapable de mettre une croix sur votre passé et, par conséquent, de passer à autre chose. Oui! Vous êtes amers! Car vous tenez compte des éléments du passé pour vous bâtir un futur, drôle d’amertume. Comment bâtir un futur viable sans tenir compte des éléments du passé? Ce concept m’échappe complètement. On en profitera pour vous dire que vous refuser que les choses changent. Autre fausseté bien sûre, pour pouvoir changer les choses il est primordial de faire l’indépendance. Il est impossible pour le Québec de changer les choses concrètement dans le fédéralisme, puisque nous devons rendre des comptes à un gouvernement extérieur qui ne désire pas que les choses changent et ça, l’Histoire le prouve. Il semble que ce soit plutôt les amateurs de ce statuquo qui refusent de voir les choses changer.

C’est tout de même pratique de retrouver ces psychologues qui vous offrent des consultations gratuites un peu partout sur le web. Ça évite bien des frais de consultation et de déplacement, de plus vous n’avez absolument rien à demander et les résultats de votre consultation vous sont transmis bien aimablement! N’entrez pas dans le jeu de ces psychologues en herbes. Dénoncer leur comportement le plus aimablement possible, pour bien faire comprendre aux autres intervenants que porter des jugements gratuits sur l’état mental de quelqu’un n’est pas un argument valide. Les indépendantistes souffrent généralement d’une seule chose, vous en avez peut-être déjà entendu parler? Elle se fait rare de nos jours, je crois que l’on surnomme ce phénomène «fierté».

2 févr. 2009

La «Commémoration» de la Bataille des Plaines


On en entend beaucoup parler dans les médias de cette fameuse «commémoration» de la bataille des plaines. Des indépendantistes s’y opposent farouchement alors que des fédéralistes tentent de démontrer les effets positifs qu’aurait une telle reconstitution, ils insistent sur le fait que ce sera un événement pédagogique pendant que d’autres vantent les superbes retombées économiques qu’aura l’événement. À la limite, le premier argument pourrait être valide, mais l’événement de la bataille perdue à très bien été choisit, une fois de plus les Québécois seront vus comme étant des perdants, comme si le sort du Québec s’était décidé en cette simple bataille fatidique. On oubli vite les victoires françaises, car oui, victoires grandioses il y a eu avant cette défaite, n'en déplaise aux langues sales, nos ancêtres n’étaient pas des flancs mous ou des fêtards sans aucune stratégie militaire.

Tant qu’à faire de la pédagogie, pourquoi ne pas reconstituer la bataille de Ste-Foy? Bataille impliquant le Chevalier de Lévis et le gouverneur de la Nouvelle-France, Pierre de Rigaud de Vaudreuil. Cette bataille eut lieu quelques mois après la défaite sur les plaines, le Chevalier de Lévis donnant l’assaut reprit la ville de Québec des mains des soldats britanniques. Ou peut-être les nombreuses batailles remportées par Frontenac ou celles remportées par Pierre Le Moyne d’Iberville? Pourquoi ne pas en faire une reconstitution? Parce que nous en sommes sorties vainqueurs et qu’aujourd’hui nous sommes les vaincus, voilà pourquoi. Est-ce une raison pour laisser de côté notre fierté? Sommes-nous vraiment vaincus? Si nous cessons d’être fiers de nos origines, la réponse à cette question sera sans nul doute «oui».

Les citoyens de la ville de Québec qui ne cesse de prétendre qu’ils sont des gens fiers vont-ils laisser cette mascarade se dérouler sans aucune objection? Ou vont-ils se laisser guider par leur pitoyable maire qui dilapide la culture québécoise sous prétexte que c’est bon pour l’économie? Ou vont-ils se laisser berner par leur radio poubelle de merde qui tente par tout les moyens possibles d’alimenter cette rivalité Québec/Montréal afin d’accroitre un sentiment de mépris qui n’a pas lieu d’être. Soyons unis, le mépris est seulement bon pour les cotes d’écoute de ces fauteurs de trouble.

Je fais partie de ceux qui s’opposent à cette reconstitution, car cette fierté est en moi et je me prépare à affronter le mépris de ceux qui nous opposent. Car le mépris, c’est tout se qu’ils leurs restent.

20 janv. 2009

Comment Bâtir le Rêve : Obama


L’effervescence ayant maintenant atteint son paroxysme en cette journée d’assermentation, nous sommes en droit de nous demander se qui a causé toute cette «folie» entourant le nouveau président des États-Unis d’Amérique. Est-ce le fait qu’il enverra 30 000 soldats de plus en Afghanistan? (Cette guerre est maintenant populaire) ou peut-être le fait que la politique américaine d’appui à Israël dans la colonisation de la Palestine se poursuivra de plus belle? Ou peut-être est-ce parce que la spéculation boursière malhonnête continuera à faire en sorte que la crise financière se poursuivra? Serait-ce simplement parce que M. Obama est de race noire?

Plusieurs Américains et les médias proclament que le nouveau président des États-Unis incarne le rêve américain, car un homme de race noire a pu se hisser au sommet de la hiérarchie des États-Unis. Il incarne du même fait le changement. Malheureusement, le problème majeur des États-Unis n’est pas le racisme, mais la corruption. D’ailleurs, n’est-ce pas raciste juger un homme par la couleur de sa peau? Obama est-il plus «humaniste» parce qu’il est noir? Gageons que les malheureux osant critiquer le nouveau président seront rapidement accusés de racisme. Le fait que Barack Obama soit de race noire ne fait qu’ajouter au rêve. Il incarne l’impossible devenu réalité, il nous fait dire aveuglément «Oui, en Amérique, tout est possible! » N’est-il pas plus facile de rêver à l’aide d’un conte de fées? La marionnette peut être blanche, noire ou orange avec des pitons bleus, elle restera toujours une marionnette et une marionnette sera toujours contrôlée par des marionnettistes. Voilà la dure réalité, Pinocchio sera toujours fait de bois.

L’image de rêve incarné par Barack Obama a été bâtie de toutes pièces. Depuis près de deux ans, les médias de masse ne cessent de nous vanter tout le charisme et tout le rêve que cet homme inspire à la population américaine, mais de quoi est fait ce rêve? Comment s’y prendra-t-il pour le réaliser? Qui d’entre vous peut répondre à ces questions toutes simples? Ce rêve n’est qu’une illusion, un masque apposé sur la réalité, composé de sentiments bien mielleux et plein de naïveté là où on devrait retrouver un peu de pragmatisme. Retirer ce masque, faites face à la réalité.

19 janv. 2009

Le Canada ne répond pas aux critères de l'UNICEF sur le soutien à l'éducation

TORONTO - Le Canada traîne sérieusement de la patte dans un rapport de l'UNICEF sur l'enseignement à la petite enfance. Il ne satisfait qu'à une seule des dix normes suggérées visant à assurer que les enfants prennent le meilleur départ possible dans la vie, grâce à des programmes d'éducation et de soutien. Sur l'échelle des pays les plus riches, il se classe au dernier échelon, ex-aequo avec l'Irlande, conclut une analyse rendue publique mercredi par l'UNICEF. Nous investissons excessivement dans les mesures correctrices plus tard, quand les enfants atteignent l'adolescence, mais nous n'investissons pas assez dans les années de la petite enfance, quand il est alors réellement possible d'influencer leur comportement, leur apprentissage, pour le reste de leur vie, soutient Nigel Fisher, président et chef de la direction d'UNICEF Canada. Ces standards, que l'UNICEF qualifie de pratiques et réalistes, comprennent notamment la mise en place d'un congé parental d'un an assorti de prestations équivalant à au moins 50 pour cent du salaire, et l'utilisation d'un pour cent du produit intérieur brut national pour le financement des services à l'enfance.

Le plus beau pays du monde semble avoir des croutes à manger avant de pouvoir mériter ce titre! L'éducation d'un enfant doit commencer aussi tôt que celui-ci est en mesure de communiquer avec ses parents et, pour ce faire, ils se doivent d'être disponibles. Pour cette raison les congés parentaux sont d'une nécessité absolue. Le problème majeur ici c'est qu'un congé d'un an n'est malheureusement pas suffisant, puisque l'enfant continue son apprentissage bien au-delà de cette âge. La solution idéale serait qu'un des parents soit disponible pour l'éducation de l'enfant jusqu'à l'âge de 5 ans, mais dans notre société qui se le permet? On envoie donc l'enfant chez la gardienne, qui est souvent une inconnue, à 8h le matin pour les reprendrent le soir vers 5h, souper, lavage, devoirs, dodo. Alors? Avez vous passez du temps de qualité avec vos enfants aujourd'hui?

Des 24 pays membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la Suède est le seul pays à satisfaire aux 10 mesures standards suggérées, et l'Islande en respecte neuf. La Slovénie, qui a obtenu une note de six sur dix, était le seul pays non membre de l'OCDE à être évalué. Au bas de l'échelle, le Canada et l'Irlande ne remplissent tous deux qu'un critère: la moitié du personnel des services éducatifs à la petite enfance doit avoir un diplôme d'études supérieures adéquat. Les Etats-Unis satisfont à trois des critères de l'UNICEF. Pour Martha Friendly, qui dirige le Childcare Resource and Research Unit, la piètre performance canadienne n'a rien de surprenant. Au Canada, plus qu'ailleurs, on laisse la responsabilité des soins à la première enfance aux familles, tant au niveau national que dans plusieurs provinces. Selon Mme Friendly, le gouvernement fédéral doit montrer clairement qu'il considère cet enjeu important en l'incluant dans son budget, le mois prochain.

« On laisse la responsabilité des soins à la première enfance aux familles. » Ces mêmes familles qui peinent à trouver du temps pour leurs enfants. Si l'État et les parents ne peuvent s'occuper de l'éducation d'un enfant, qui aura le temps de le faire? La gardienne qui a à sa charge une dizaine d'enfants? La télévision et les jeux vidéos pourront peut-être s'en charger et vous aurez alors une jeunesse complètement déconnectée de la réalité. Il est toute fois hors de question que ce soit l'État qui prenne en charge l'éducation des enfants. Tout simplement parce que c'est une tâche impossible à accomplir sans en arrivé à des conséquences néfastes, dont en arrivé à des enfants éduqués suivant un «moule» bien établi.

Le rapport de l'UNICEF fait valoir que plusieurs pays de l'OCDE devraient augmenter de près du double leur niveau actuel de dépenses pour les services de soutien à la petite enfance pour pouvoir se conformer aux normes minimales acceptables. Le Canada, par exemple, consacre à peu près 0,2 pour cent de son PIB au soutien à l'enfance, selon M. Fisher. Le rapport note que la plupart des enfants des pays développés passent leurs toutes premières années dans une forme ou une autre de service assuré hors du foyer. Selon le rapport, on assiste en fait à une "révolution" dans la façon dont la majorité des jeunes enfants sont élevés dans les pays industrialisés. Dans la mesure où ce changement n'est pas planifié ni supervisé, on pourrait aussi dire que c'est un pari à haut risque sur les enfants d'aujourd'hui et le monde de demain, conclut le rapport d'UNICEF.

Ce rapport soulève de très bonnes questions quant à l'éducation de nos enfants. Des enfants qui sont sursocialisés et qui ne sont pas assez individualisés se qui ne permet pas de se connaître soit même en tant qu'individu, l'enfant préfère alors s'identifier à un groupe pour mieux en faire parti alors qu'il serait primordial qu'il se batisse une identité propre avant toute chose. Il ne peut donc aucunement développé un esprit critique puisqu'il risquerait alors de se faire rejeter par le groupe s'il questionne les agissements ou le mode de pensé de celui-ci. En réalité, nous vivons dans une société où la majorité des individus souffrent de sursocialisation, la solitude comportant aussi beaucoup de biens faits.



6 janv. 2009

Henri Julien - La Chasse-galerie

Henri Julien
(Québec, 1852 - Montréal, 1908)

La Chasse-galerie
1906
Huile sur toile
53,5x66,5cm

Cliquer sur l'image pour un agrandissement.



Peinture inspirée de la légende de la chasse-galerie, dont on peut voir ici les douze personnages en pleine action, chacun d'eux vivant ce moment à sa façon, l'un la bouteille à la main et le goulot en pleine bouche, l'autre effrayé bien conscient de sa situation précaire et enfin, un autre trop saoul pour être conscient de quoi que se soit. On peut discerner le démon, une vapeur grise se dissimulant dans les nuages de la nuit, à l'avant du canot, l'agrippant et l'attirant sournoisement vers les enfers.

On peut alors pousser la réflexion plus loin en regardant le tableau de plus près, suffit de remplacer quelques éléments de cette peinture. Par exemple, remplaçons le radeau par la société dans laquelle nous évoluons, je trouve cette image qu’en même réaliste du fait que les pagayeurs «habitent» le radeau et s’en servent comme d’un véhicule pour naviguer et vivre des expériences, tout comme un citoyen qui évolue et «habite» dans une société quelconque. La société étant aussi un environnement dans lequel chacun de nous peut s’épanouir et vivre des expériences qui peuvent changer nos vies positivement. Voilà donc l’importance d’avoir une société bien solide qui ne «coulera» pas due à une brèche dans sa coque après le moindre petit obstacle.

Le démon de vapeur quant à lui représente ces mêmes obstacles. Il est une élite corrompue qui ne pense qu’au gain financier et mène cette barque vers le bas. Il est ces petits voyous qui au lieu de travailler à garder le navire à flot tentent de le faire couler en profitant ou en nuisant à ceux qui travaillent fort pour garder la barque bien solidement à flot. Ce démon transparent bien dissimulé parmi les nuages représente bien l’élite corrompue, l’élite se cache sournoisement derrière la désinformation et la malhonnêteté intellectuelle. Elle entraîne lentement mais surement la société vers le bas en voulant toujours plus de richesse et de pouvoir. Dois-je préciser que lorsque la chaloupe coule, les citoyens l’habitant coulent aussi? Bien des gens se réjouissent de voir la chaloupe couler, mais attendons de voir leur réaction lorsqu’ils auront de l’eau jusqu’au menton!

Revenons à nos pagayeurs, comme je l’ai mentionné dans mon premier paragraphe, chacun d’eux expérimente ce moment à sa façon, mais examinons leur comportement de plus près. Prenons tout d’abord les trois pagayeurs derrière le pagayeur de tête, ceux qui semblent pagayer de toutes leurs forces pour faire remonter le navire, ce sont des navigateurs travaillant qui n’ont pas peur de se retrousser les manches quand le besoin ce présente. Ces citoyens semblent inconscients de la présence du «mal» à l’avant du navire ou ne réussissent tout simplement pas à mettre le doigt dessus même s’ils savent pertinemment que quelque chose ne va pas. Ils méritent tout de même beaucoup de respect parce que nous savons que nous pourrons compter sur eux en des temps difficiles.

Le cas du navigateur à la tuque rouge maintenant, celui-ci m’intrigue beaucoup. Il tien fermement sa rame à deux mains et semble donc bien conscient du danger, mais sa figure est tourné vers la lune, comme en contemplation devant ce spectacle naturel. J’aime bien cette capacité d’émerveillement devant des choses toutes simples, mais lorsque le navire prend l’eau on devrait retrousser ces manches afin de ramener la barque à bon port pour par la suite profiter en toute quiétude de ces beautés que nous dévoilent mère nature.

L’arrière du navire maintenant! On peut y discerner beaucoup de comportements révélateurs. Trois des pagayeurs situés à l’arrière du navire semblent vouloir faire tout leur possible pour ramener le navire à bon port. Celui avec la tuque et le foulard rouges, celui avec le petit chapeau brun et les grosses mitaines brunes et celui avec la tuque et le manteau bruns. Ces trois navigateurs se font malheureusement nuire par trois de leurs compatriotes, qui sont fort occupés à se souler et à fêter, inconscients du malheur qui les attend. Non seulement ces navigateurs ne tentent rien pour améliorer les choses, mais en plus ils nuisent à ceux qui font des efforts pour redresser la situation. En temps de crise, de tels parasites devraient se faire jeter par-dessus bord lorsqu’il en va de la survie des autres.

Les deux navigateurs situés complètement à l’avant et à l’arrière de l’embarcation sont aussi très intéressants. Ces deux pagayeurs semblent non seulement bien conscients du danger, mais semblent aussi bien voir ce qui attire le navire vers le bas. Après bien des recherches, ils ont réussi à discerner la forme vaporeuse du «mal» parmi les nuages malgré la supercherie et tentent bien que mal de diriger la petite chaloupe dans la bonne direction. Ils prennent le risque de se lever pendant la tempête malgré la menace du démon qui fera tout son possible pour les jeter par-dessus bord en premier, parce que le démon sait à ce moment qu’il est repéré. Ils s’accrochent fermement au navire et sont bien conscients de son importance. Ils sont les guides sur lesquels les personnes travaillantes, ne désirant peut-être pas prendre la tête et prendre des risques, peuvent avoir confiance. Chacun d’eux jouant un rôle primordial à la réussite d’une traversée houleuse.

Et vous, quel type de navigateurs êtes-vous?


Il existe plusieurs versions de La Chasse-galerie. Voici celle d'Honoré Beaugrand.

Chapitre I
Pour lors, je vas vous raconter une rôdeuse d’histoire, dans le fin fil ; mais s’il y a parmi vous autres des lurons qui auraient envie de courir la chasse-galerie ou le loup-garou, je vous avertis qu’ils font mieux d’aller voir dehors si les chats-huants font le sabbat, car je vais commencer mon histoire en faisant un grand signe de croix pour chasser le diable et ses diablotins. J’en ai eu assez de ces maudits-là, dans mon jeune temps.

Pas un homme ne fit mine de sortir : au contraire, tous se rapprochèrent de la cambuse où le cook achevait son préambule et se préparait à raconter une histoire de circonstance.

On était à la veille du jour de l’an 1858, en pleine forêt vierge, dans les chantiers des Ross, en haut de la Gatineau. La saison avait été dure et la neige atteignait déjà la hauteur du toit de la cabane.

Le bourgeois avait, selon la coutume, ordonné la distribution du contenu d’un petit baril de rhum parmi les hommes du chantier, et le cuisinier avait terminé de bonne heure les préparatifs du fricot de patte et des glissantes pour le repas du lendemain. La mélasse mijotait dans le grand chaudron pour la partie de tire qui devait terminer la soirée.

Chacun avait bourré sa pipe de bon tabac canadien, et un nuage épais obscurcissait l’intérieur de la cabane, où un feu pétillant de pin résineux jetait, cependant, par intervalles, des lueurs rougeâtres qui tremblotaient en éclairant, par des effets merveilleux de clair-obscur, les mâles figures de ces rudes travailleurs des grands bois.

Joe le cook était un petit homme assez mal fait, que l’on appelait généralement le bossu, sans qu’il s’en formalisât, et qui faisait chantier depuis au moins 40 ans. Il en avait vu de toutes les couleurs dans son existence bigarrée, et il suffisait de lui faire prendre un petit coup de jamaïque pour lui délier la langue et lui faire raconter ses exploits.

Chapitre II
Je vous disais donc, continua-t-il, que si j’ai été un peu tough dans ma jeunesse, je n’entends plus risée sur les choses de la religion. J’vas à confesse régulièrement tous les ans, et ce que je veux vous raconter là se passait aux jours de ma jeunesse, quand je ne craignais ni Dieu ni diable. C’était un soir comme celui-ci, la veille du jour de l’an, il y a de cela 34 ou 35 ans. Réunis avec tous mes camarades autour de la cambuse, nous prenions un petit coup ; mais si les petits ruisseaux font les grandes rivières, les petits verres finissent par vider les grosses cruches, et dans ces temps-là, on buvait plus sec et plus souvent qu’aujourd’hui, et il n’était pas rare de voir finir les fêtes par des coups de poings et des tirages de tignasse. La jamaïque était bonne, – pas meilleure que ce soir, – mais elle était bougrement bonne, je vous le persouête ! J’en avais bien lampé une douzaine de petits gobelets, pour ma part, et sur les onze heures, je vous l’avoue franchement, la tête me tournait et je me laissai tomber sur ma robe de carriole pour faire un petit somme en attendant l’heure de sauter à pieds joints, par-dessus la tête d’un quart de lard, de la vieille année dans la nouvelle, comme nous allons le faire ce soir sur l’heure de minuit, avant d’aller chanter la guignolée et souhaiter la bonne année aux hommes du chantier voisin.

Je dormais donc depuis assez longtemps, lorsque je me sentis secouer rudement par le boss des piqueurs, Baptiste Durand, qui me dit :

– Joe, minuit vient de sonner, et tu es en retard pour le saut du quart. Les camarades sont partis pour faire leur tournée, et moi je m’en vais à Lavaltrie voir ma blonde. Veux-tu venir avec moi ?

A Lavaltrie ! lui répondis-je, es-tu fou ? Nous en sommes à plus de cent lieues et d’ailleurs aurais-tu deux mois pour faire le voyage, qu’il n’y a pas de chemin de sortie dans la neige. Et puis, le travail du lendemain du jour de l’an ?

– Animal ! répondit mon homme, il ne s’agit pas de cela. Nous ferons le voyage en canot d’écorce, à l’aviron, et demain matin, à six heures, nous serons de retour au chantier.

Je comprenais.

Mon homme me proposait de courir la chasse-galerie et de risquer mon salut éternel pour le plaisir d’aller embrasser ma blonde au village. C’était raide ! Il était bien vrai que j’étais un peu ivrogne et débauché et que la religion ne me fatiguait pas à cette époque, mais risquer de vendre mon âme au diable, ça me surpassait.

– Cré poule mouillée ! continua Baptiste, tu sais bien qu’il n’y a pas de danger. Il s’agit d’aller à Lavaltrie et de revenir dans six heures. Tu sais bien qu’avec la chasse-galerie, on fait au moins cinquante lieues à l’heure quand on sait manier l’aviron comme nous. Il s’agit tout simplement de ne pas prononcer le nom du bon Dieu pendant le trajet, et de ne pas s’accrocher aux croix des clochers en voyageant. C’est facile à faire et pour éviter tout danger, il faut penser à ce qu’on dit, avoir l’œil où l’on va et ne pas prendre de boisson en route. J’ai fait le voyage cinq fois et tu vois bien qu’il ne m’est jamais arrivé malheur. Allons, mon vieux, prends ton courage à deux mains et si le cœur t’en dit, dans deux heures de temps, nous serons à Lavaltrie. Pense à la petite Liza Guimbette, et au plaisir de l’embrasser. Nous sommes déjà sept pour faire le voyage, mais il faut être deux, quatre, six ou huit, et tu seras le huitième.

– Oui ! tout cela est très bien, mais il faut faire un serment au diable, et c’est un animal qui n’entend pas à rire lorsqu’on s’engage à lui.

Une simple formalité, mon Joe. Il s’agit simplement de ne pas se griser et de faire attention à sa langue et à son aviron. Un homme n’est pas un enfant, que diable ! Viens ! Viens ! Nos camarades nous attendent dehors, et le grand canot de la drave est tout prêt pour le voyage.
Je me laissai entraîner hors de la cabane où je vis en effet six de nos hommes qui nous attendaient, l’aviron à la main. Le grand canot était sur la neige dans une clairière et avant d’avoir eu le temps de réfléchir, j’étais déjà assis dans le devant, l’aviron pendant sur le plat-bord, attendant le signal du départ. J’avoue que j’étais un peu troublé, mais Baptiste, qui passait dans le chantier, pour n’être pas allé à confesse depuis sept ans, ne me laissa pas le temps de me débrouiller. Il était à l’arrière, debout, et d’une voix vibrante il nous dit :

– Répétez avec moi !

Et nous répétâmes :

Satan, roi des enfers, nous te promettons de te livrer nos âmes, si d’ici à six heures, nous prononçons le nom de ton maître et le nôtre, le bon Dieu, et si nous touchons une croix dans le voyage. À cette condition, tu nous transporteras, à travers les airs, au lieu où nous voulons aller, et tu nous ramèneras de même au chantier !

Chapitre III
Acabris ! Acabras ! Acabram !

Fais-nous voyager par-dessus les montagnes !


À peine avions-nous prononcé les dernières paroles que nous sentîmes le canot s’élever dans l’air à une hauteur de cinq ou six cents pieds. Il me semblait que j’étais léger comme une plume et, au commandement de Baptiste, nous commençâmes à nager comme des possédés que nous étions. Aux premiers coups d’aviron le canot s’élança dans l’air comme une flèche, et c’est là le cas de dire, le diable nous emportait. Ça nous en coupait le respire, et le poil en frisait sur nos bonnets de carcajou.

Nous filions plus vite que le vent. Pendant un quart d’heure, environ, nous naviguâmes au-dessus de la forêt sans apercevoir autre chose que les bouquets des grands pins noirs. Il faisait une nuit superbe et la lune, dans son plein, illuminait le firmament comme un beau soleil du midi. Il faisait un froid du tonnerre et nos moustaches étaient couvertes de givre mais nous étions tous en nage. Ça se comprend aisément puisque c’était le diable qui nous menait et je vous assure que ce n’était pas sur le train de la Blanche'. Nous découvrîmes bientôt une éclaircie, c’était la Gatineau dont la surface glacée et polie étincelait au-dessous de nous comme un immense miroir. Puis, p’tit à p’tit nous aperçûmes des lumières dans les maisons d’habitants ; puis des clochers d’église qui reluisaient comme des baïonnettes de soldats, quand ils font l’exercice sur le Champ-de-Mars de Montréal. On passait ces clochers aussi vite que les poteaux de télégraphe, quand on voyage en chemin de fer. Et nous filions toujours comme tous les diables, sautant par-dessus les villages, les forêts, les rivières, et laissant derrière nous comme un traînée d’étincelles. C’est Baptiste, le possédé, qui gouvernait, car il connaissait la route et nous arrivâmes bientôt à la rivière des Outaouais qui nous servit de guide pour descendre jusqu’au lac des Deux-Montagnes.

– Attendez un peu ! cria Baptiste. Nous allons raser Montréal, et nous allons effrayer les coureux qui sont encore dehors à c’te heure-cite. Toi, Joe ! là, en avant, éclaircis-toi le gosier et chante-nous une chanson sur l’aviron.

En effet, nous apercevions déjà les mille lumières de la grande ville, et Baptiste, d’un coup d’aviron, nous fit descendre à peu près au niveau des tours de Notre-Dame. J’enlevai ma chique pour ne pas l’avaler, et j’entonnai à tue-tête cette chanson de circonstance, que tous les canotiers répétèrent en chœur :

Mon père n’avait fille que moi,
Canot d’écorce qui va voler,
Et dessus la mer il m’envoie :
Canot d’écorce qui vole, qui vole,
Canot d’écorce qui va voler !

Et dessus la mer il m’envoie,
Canot d’écorce qui va voler,
Le marinier qui nous menait :
Canot d’écorce qui vole, qui vole.
Canot d’écorce qui va voler !

Le marinier qui me menait,
Canot d’écorce qui va voler,
Me dit, ma belle, embrassez-moi :
Canot d’écorce qui vole, qui vole,
Canot d’écorce qui va voler !

Me dit, ma belle, embrassez-moi,
Canot d’écorce qui va voler,
Non,non, Monsieur, je ne saurais :
Canot d’écorce qui vole, qui vole,
Canot d’écorce qui va voler !

Non, non, Monsieur, je ne saurais,
Canot d’écorce qui va voler,
Car si mon papa le savait :
Canot d’écorce qui vole, qui vole,
Canot d’écorce qui va voler !

Car si mon papa le savait,
Canot d’écorce qui va voler...
Ah ! c’est bien sûr qu’il me battrait :
Canot d’écorce qui vole, qui vole,
Canot d’écorce qui va voler !

Chapitre IV
Bien qu’il fût près de deux heures du matin, nous vîmes des groupes s’arrêter dans les rues pour nous regarder passer, mais nous filions si vite qu’en un clin d’œil nous avions laissé loin derrière nous Montréal et ses faubourgs, et alors je commençai à compter les clochers : ceux de la Longue-Pointe, de la Pointe-aux-Trembles, de Repentigny, de Saint-Sulpice, et enfin les deux flèches argentées de Lavaltrie, qui dominaient le vert sommet des grands pins du domaine.

– Attention, vous autres ! nous cria Baptiste. Nous allons atterrir à l’entrée du bois, dans le champ de mon parrain, Jean-Jean Gabriel, et nous nous rendrons ensuite à pied pour aller surprendre nos connaissances dans quelque fricot ou quelque danse du voisinage.

Qui fut dit fut fait, et cinq minutes plus tard, notre canot reposait dans un banc de neige, à l’entrée du bois de Jean-Jean Gabriel ; et nous partîmes tous les huit à la file pour nous rendre au village. Ce n’était pas une mince besogne, car il y avait pas de chemin battu, et nous avions de la neige jusqu’au califourchon. Baptiste qui était plus effronté que les autres s'en alla frapper à la porte de la maison de son parrain où l’on apercevait encore de la lumière ; mais il n’y trouva qu’une fille engagère qui lui annonça que les vieilles gens étaient à un snaque chez le père Robillard, mais que les farauds et les filles de la paroisse étaient presque tous rendus chez Batissette Augé, à la Petite-Misère, en bas de Contrecœur, de l’autre côté du fleuve, où il y avait un rigodon du jour de l’an.

– Allons au rigodon chez Batissette Augé ! nous dit Baptiste, on est certain d’y rencontrer nos blondes.

– Allons chez Batissette !

Et nous retournâmes au canot, tout en nous mettant naturellement en garde sur le danger qu’il y avait de prononcer certaines paroles, et de boire un coup de trop, car il fallait reprendre la route des chantiers et y arriver avant six heures du matin, sans quoi nous étions flambés comme des carcajous, et le diable nous emportait au fin fond des enfers.

Acabris ! Acabras ! Acabram !

Fais-nous voyager par-dessus les montagnes !


cria de nouveau Baptiste. Et nous voilà embarqués tous ensemble pour la Petite-Misère, en naviguant en l’air comme des renégats que nous étions tous. En deux tours d’aviron, nous avions traversé le fleuve et nous étions rendus chez Batissette Augé dont la maison était tout illuminée. On entendait vaguement, au dehors les sons du violon et les éclats de rire des danseurs, dont on voyait les ombres se trémousser à travers les vitres couvertes de givre. Nous cachâmes notre canot derrière les tas de bourdillons qui bordaient la rive, car la glace avait refoulé cette année-là.

– Maintenant, nous répéta Baptiste, pas de bêtises, les amis, et attention à vos paroles ! Dansons comme des perdus, mais pas un seul verre de Molson, ni de jamaïque, vous m’entendez ! Et au premier signe suivez-moi tous, car il faudra repartir sans attirer l’attention. Et nous allâmes frapper à la porte.

Chapitre V
Le père Batissette vint ouvrir lui-même et nous fûmes reçus à bras ouverts par les invités que nous connaissions presque tous.

On nous assaillit d’abord de questions :

– D’où venez-vous ?
– Je vous croyais dans les chantiers !
– Vous arrivez bien tard !
– Venez boire une larme !
Ce fut encore Baptiste qui nous tira d’affaire en prenant la parole :

– D’abord, laissez-nous nous décapoter et puis ensuite laissez-nous danser. Nous sommes venus exprès pour ça. Demain matin, je répondrai à toutes vos questions, et nous vous raconterons tout ce que vous voudrez.

Pour moi, j’avais déjà reluqué Liza Guimbette qui était faraudée par le p’tit Boisjoli de Lanoraie.

Je m’approchai d’elle pour la saluer et pour lui demander l’avantage de la prochaine, qui était un reel à quatre. Elle accepta avec un sourire qui me fit oublier que j’avais risqué le salut de mon âme pour avoir le plaisir de me trémousser et de battre les ailes de pigeon en sa compagnie. Pendant deux heures de temps, une danse n’attendait pas l’autre et ce n’est pas pour me vanter si je vous dis que, dans ce temps-là, il n’y avait pas mon pareil à dix lieues à la ronde pour la gigue simple ou la voleuse. Mes camarades, de leur côté, s’amusaient comme des lurons, et tout ce que je puis vous dire, c’est que les garçons d’habitants étaient fatigués de nous autres, lorsque quatre heures sonnèrent à la pendule.

J’avais cru voir Baptiste Durand s’approcher du buffet où les hommes prenaient des nippes de whisky blanc, de temps en temps, mais j’étais tellement occupé avec ma partenaire que je n’y portai pas beaucoup d’attention. Mais maintenant que l’heure de remonter en canot était arrivée, je vis clairement que Baptiste avait pris un coup de trop et je fus obligé d’aller le tirer par le bras pour le faire sortir avec moi, en faisant signe aux autres de se préparer à nous suivre sans attirer l’attention des danseurs. Nous sortîmes les uns après les autres sans faire semblant de rien et cinq minutes plus tard, nous étions rembarqués en canot, après avoir quitté le bal comme des sauvages, sans dire bonjour à personne ; pas même à Liza, que j’avais invitée pour danser un foin. J’ai toujours pensé que c’était cela qui l’avait décidée à me trigauder et à épouser le petit Boisjoli sans même m’inviter à ses noces, la bougresse. Mais pour revenir à notre canot, je vous avoue que nous étions rudement embêtés de voir que Baptiste Durand avait bu un coup, car c’était lui qui nous gouvernait et nous n’avions juste que le temps de revenir au chantier pour six heures du matin avant le réveil des hommes qui ne travaillaient pas le jour du jour de l’an. La lune était disparue et il ne faisait plus aussi clair qu’auparavant, et ce n’est pas sans crainte que je pris ma position à l’avant du canot, bien décidé à avoir l’œil sur la route que nous allions suivre. Avant de nous enlever dans les airs, je me retournai et je dis à Baptiste :

– Attention, là, mon vieux ! Pique tout droit sur la montagne de Montréal, aussitôt que tu pourras l’apercevoir.

– Je connais mon affaire, répondit Baptiste, et mêle-toi des tiennes !

Et avant que j’aie eu le temps de répliquer :

Acabris ! Acabras ! Acabram !

Fais-nous voyager par-dessus les montagnes !


Chapitre VI
Et nous voilà repartis à toute vitesse. Mais il devint aussitôt évident que notre pilote n’avait plus la main aussi sûre, car le canot décrivait des zigzags inquiétants. Nous ne passâmes guère à plus de cent pieds du clocher de Contrecœur et au lieu de nous diriger vers l’ouest, vers Montréal, Baptiste nous fit prendre des bordées vers la rivière Richelieu. Quelques instants plus tard, nous passâmes par dessus la montagne de Belœil et il ne s’en manqua pas de dix pieds que l’avant du canot n’allât se briser sur la grande croix de tempérance que l’évêque de Nancy avait plantée là.
– A droite, Baptiste ! à droite ! mon vieux, car tu vas nous envoyer chez le diable, si tu ne gouvernes pas mieux que ça !

Et Baptiste fit instinctivement tourner le canot vers la droite en mettant le cap sur la montagne de Montréal que nous apercevions déjà dans le lointain. J’avoue que la peur commençait à me tortiller car si Baptiste continuait à nous conduire de travers, nous étions flambés comme des gorets qu’on grille après la boucherie. Je vous assure que la dégringolade ne se fit pas attendre, car au moment où nous passions au-dessus de Montréal, Baptiste nous fit prendre une sheer et dans le temps de m'y préparer, le canot s’enfonça dans un banc de neige, dans une éclaircie, sur le flanc de la montagne. Heureusement que c’était de la neige molle, que personne n’attrapa de mal et le canot ne fut pas brisé. Mais à peine étions-nous sortis de neige, que voilà Baptiste qui commence à sacrer comme un possédé et qui déclare qu’avant de repartir pour la Gatineau, il veut descendre en ville prendre un verre. J’essayai de raisonner avec lui, mais allez donc faire entendre raison à un ivrogne qui veut se mouiller la luette ! Alors, rendus à bout de patience, et plutôt que de laisser nos âmes au diable qui se léchait déjà les babines en nous voyant dans l’embarras, je dis un mot à tous mes autres compagnons qui avaient aussi peur que moi, et nous nous jetons tous sur Baptiste, que nous terrassons, sans lui faire mal, et que nous plaçons ensuite au fond du canot, – après l’avoir ligoté comme un bout de saucisse, et lui avoir mis un bâillon pour l’empêcher de prononcer des paroles dangereuses, lorsque nous serions en l’air. ET :

Acabris ! Acabras ! Acabram !

nous voilà repartis sur un train de tous les diables, car nous n’avions plus qu’une heure pour nous rendre au chantier de la Gatineau. C’est moi qui gouvernais, cette fois-là, et je vous assure que j’avais l’œil ouvert et le bras solide. Nous remontâmes la rivière Outaouais comme une poussière jusqu’à la Pointe-à-Gatineau et de là nous piquâmes au nord vers le chantier. Nous n’en étions plus rien qu’à quelques lieues, quand voilà-t-il pas cet animal de Baptiste qui se détortille de la corde avec laquelle nous l’avions ficelé, qui s’arrache son bâillon et qui se lève tout droit, dans le canot, en lâchant un sacre qui me fit frémir jusque dans la pointe des cheveux ! Impossible de lutter contre lui dans le canot, sans courir le risque de tomber d’une hauteur de trois cents pieds , et l’animal gesticulait comme un perdu en nous menaçant tous de son aviron qu’il avait saisi et qu’il faisait tournoyer sur nos têtes en faisant le moulinet comme un Irlandais avec son shilelagh. La position était terrible, comme vous le comprenez bien. Heureusement que nous arrivions. Mais j’étais tellement excité, que par une fausse manœuvre que je fis pour éviter l’aviron de Baptiste, le canot heurta la tête d’un gros pin, et que nous voilà tous précipités en bas, dégringolant de branche en branche comme des perdrix que l’on tue dans les épinettes. Je ne sais pas combien je mis de temps à descendre, car je perdis connaissance avant d’arriver, et mon dernier souvenir était comme celui d’un homme rêvant qu’il tombe dans un puits qui n’a pas de fond.

Chapitre VII
Vers les huit heures du matin, je m’éveillai au fond de mon lit, dans la cabane, où nous avaient transportés les bûcherons qui nous avaient trouvés sans connaissance, enfoncés jusqu’au cou, dans un banc de neige du voisinage. Heureusement que personne ne s’était cassé les reins mais je n’ai pas besoin de vous dire que j’avais les côtes sur le long comme un homme qui aurait couché sur les ravalements durant toute une semaine, sans parler d’un black-eye et de deux ou trois déchirures sur les mains et dans la figure. Enfin le principal, c’est que le diable ne nous avait pas tous emportés et je n’ai pas besoin de vous dire que je ne m’empressai pas de démentir ceux qui prétendirent qu'ils m'avaient trouvé, avec Baptiste et les six autres, tous saouls comme des grives, et en train de cuver notre jamaïque dans un banc de neige des environs. C’est déjà pas si beau d’avoir presque vendu son âme au diable, sans s’en vanter parmi les camarades ; et ce n’est que bien des années plus tard que je racontai l’histoire telle qu’elle m’était arrivée.

Tout ce que je puis vous dire, mes amis, c’est que ce n’est pas si drôle qu’on le pense que d’aller voir sa blonde en canot d’écorce, en plein cœur d’hiver, en courant la chasse-galerie ; surtout si vous avez un maudit ivrogne qui se mêle de gouverner. Si vous m’en croyez, vous attendrez à l’été prochain pour aller embrasser vos petits cœurs, sans courir le risque de voyager au profit du diable.

Et Joe, le cook, plongea sa micaouane dans la mélasse bouillonnante aux reflets dorés, et déclara que la tire était cuite à point, et qu’il n’y avait plus qu’à l’étirer.

2 janv. 2009

Êtes-vous Misanthrope?

Connaissez-vous la misanthropie? Vous savez cet état d’esprit qui fait en sorte que nous haïssons nos semblables, les humains. L’expression est populaire chez les amateurs de Black Metal et chez de nombreux groupes de ce genre de musique qualifiant leur musique de Black Metal misanthropique. Il semble que ce soit devenu une expression populaire dans le milieu, une sorte de façon de se démarquer de la masse. « Je ne fais pas partie de la masse, je hais la masse. » Les raisons évoquées pour cette haine sont habituellement très simples, l’humain est tout simplement un être mauvais, incapable de cohabiter en harmonie avec ses semblables et destructeurs de la planète sur laquelle il vit et s’accomplit.

Bien sûr, il est très facile de détester des gens qui nous entourent, prenons par exemple le conflit qui existe entre les personnes de droite et de gauche. Il est tellement facile aujourd’hui de classifier les personnes qui nous entourent dans ces deux types de modes de pensée, on s’attaque, on s’entredéchire continuellement. Je dois dire que je trouve ce conflit puéril et sans intérêt, lorsqu’un problème se pose on ne doit pas se demander ce que ferait une personne de droite ou de gauche, on doit simplement régler le problème le plus efficacement possible de manière pragmatique. La droite comporte de bons éléments, la gauche comporte de bons éléments, combinons ces éléments et allons vers l’avant.

L’être humain est très souvent porté à avoir cette vision dualiste de la vie, le mal/le bien, la droite/la gauche, croyant/athée, c’est plus facile de se classer dans l’une de ces catégories et d’attaquer aveuglément celle qui lui est opposée. La vie est pourtant si complexe, il est impossible de classer les choses qui nous entourent dans deux catégories, on en vient à avoir une vision dogmatique et on rejette tout ce qui est opposé à notre système de croyances. Il n’y a pas de chemin parfait tout tracé à l’avance, ni de manière d’agir parfaite, c’est pour cela que nous devons être en constante réflexion et remise en question, afin de mieux faire face à la réalité qui nous entoure.

Personnellement, le sentiment de haine m’inspire peu, il entraîne souvent la frustration et devient contre-productif, car nous consacrons alors nos énergies à rabaisser et dénigrer l’objet de notre haine. Quelles sont les conséquences de ces agissements? La majorité du temps, il n’y en a aucune. La haine amène la stagnation, car elle nous aveugle et ne nous permet pas d’entrer dans un véritable état de création où l’on se doit d’être en paix avec soi-même. Nous agissons parfois comme si le seul fait de haïr était un acte libérateur, mais il n’en est rien, la haine devient vite une dépendance et une prison nous empêchant de passer à autre chose.

Ceci est encore plus véridique lorsque cette haine vise nos semblables. « Pourquoi devrais-je m’efforcer de faire quelque chose de bien pour cette humanité que je déteste? » La réponse à cette question est fort simple. Une personne misanthrope est généralement et rapidement encline à dénoncer les comportements de ces semblables, les trouvant idiots ou stupides, sans toutefois faire quoi que se soit pour améliorer la situation. Bien qu’il soit saint de reconnaître les problèmes des individus nous entourant, en ne posant aucun geste pour améliorer le comportement de nos semblables, nous devenons aussi parasitaires et faibles que n’importe quel autre humain habitant cette planète. En agissant de la sorte, nous faisons alors partie du problème et non de la solution, si tout le monde agissait de cette manière, il serait alors évident que l’humanité ne mériterait pas de fouler le sol de cette planète. En ce sens, la misanthropie doit être surpassée, la première étape étant de reconnaître que nous vivons dans une société où les problèmes sont nombreux, la deuxième étape étant de trouver des réponses à ces problèmes et enfin de faire notre possible pour les appliquer.

J’aime être en compagnie d’humains, je réussis toujours à leur trouver une qualité quelconque. C’est sur ces qualités qu’il faut bâtir pour agir positivement. L’être humain est plein de défauts, mais il est aussi capable de réflexion et de changement, il peut s’adapter et être fort. Il suffit de lui donner une raison de le faire et parfois de lui montrer la voie, en toute fraternité.

14 déc. 2008

Consommation : Des jouets contaminés au plomb

NATIONAL (RC) - Le ministère de la Santé du Canada rappelle encore une fois des milliers de jouets qui sont dangereux parce que leur peinture contient trop de plomb.
Il y a un mois, Santé Canada avait rappelé plus de 2,5 millions de figurines d'agents de la GRC pour les mêmes raisons.


Encore des rappelles pour des jouets contaminés au plomb. Comment se fait-il que ces produits ne sont pas testés avant d’être placés sur les tablettes? Une fois mis en vente il est déjà trop tard puisque des consommateurs se retrouvent en possession d’un produit dangereux pour la santé. Nous sommes donc en droit de nous demander s’il n’y a pas d’autres produits disponibles en magasin qui sont dangereux pour la santé de nos enfants.

Le nouveau rappel publié ce mois-ci vise notamment 7000 fusils jouets de la compagnie Handee Products de Montréal.
Les fusils jouets de marque Action Team sont fabriqués en Chine. Ils ont été vendus un peu partout au Canada dans les magasins Everything for a Dollar et d'autres magasins de rabais du pays.
Santé Canada rappelle aussi plus de 35 000 bracelets porte-bonheur Kool Charmz Pop Charmz assortis de breloques qui contiennent du plomb en concentration supérieure à la limite permise.
Ces bracelets porte-bonheur sont fabriqués en Chine et ont été vendus au Canada dans des boutiques à un dollar d'octobre 2007 à novembre 2008 (liste complète de rappels de Santé Canada).


C’est pathétique, un porte-bonheur contaminé au plomb. Voilà ce qui arrive lorsqu’une compagnie installée à l’étranger veut faire le plus de profit possible en vendant des gugusses inutiles, on passe outre des règles d’éthiques de bases! Encore une fois ces petits jouets inutiles ont été vendus pendant un peu plus d’un an avant d’être retirés du marché.

Le plomb contenu dans la peinture qui recouvre ces jouets peut freiner le développement intellectuel des très jeunes enfants.


Les êtres humains, en être intelligent que nous sommes, manipulent des substances dont nous ne connaissons pas encore toute la portée et c’est comme ça depuis bien longtemps. Ludwig Van Beethoven a d’ailleurs souffert d’une forte contamination au plomb durant une grande partie de sa vie, car les méfaits de cette substance étaient inconnus à cette époque. Malgré toute la technologie que nous possédons aujourd’hui, il semble que nous sommes toujours victimes de notre ignorance ou insouciance. Il nous faut donc agir en consommateurs responsables, puisque la classe dirigeante ne l’est pas. Évitons d'acheter des produits inutiles qui, à longs thermes, ne deviendront que des déchets de plus dans notre environnement et achetons des produits locaux qui sont généralement de meilleures qualités que bien des produits importés.

15 nov. 2008

Les Vikings Dans Notre Histoire

Une Invasion Normande

Au début du IXe siècle, les pays nordiques de l’Europe connaissent le surpeuplement. Les hommes du nord, appelés aussi Norsemen, normands ou vikings, commencent à envahir les pays voisins, puis les terres du sud. La France et l’Angleterre sont mises à sac. À cette époque, les Vikings sont certainement les plus habiles navigateurs. Leurs drakkars, munis d’une quille en chêne et d’un gouvernail fixé à tribord arrière, leur permettent d’affronter la mer avec audace.

En 982, Eirikr Thorvaldsson, plus connu sous le nom d’Érik le Rouge, accusé de meurtre, est banni d’Islande pour trois ans. Il décide donc de partir à la recherche d’une terre que Gunnbjom, « le corbeau », avait vue. Il occupe ses trois années d’exil à explorer les côtes du Groenland. En 985, il organise un projet de colonisation. Dans le groupe, se trouve Herjòlfr, le père de Bjarni. Ce dernier décide lui aussi, l’année suivante, de se rendre au Groenland.

La Saga d’Érik le Rouge raconte ainsi le voyage de Bjarni :

Ils naviguèrent trois jours, jusqu’au moment où la terre fut perdue de vue, alors le bon vent tomba. Des vents du nord s’élevèrent et du brouillard. Ils ne surent plus où ils étaient entraînés et ainsi se passèrent plusieurs doerg. Puis ils revirent le soleil et purent reconnaître la région du ciel. Ils hissèrent la voile et passèrent un doerg entier avant d’apercevoir la terre. Ils discutèrent entre eux quelle terre ce pouvait bien être et Bjarni dit qu’il ne croyait pas que ce puissent être le Groenland. Ils lui demandèrent s’il voulait aller à terre ou non : « Mon avis est que nous longions cette terre. » Ils le firent et purent bientôt voir que le pays était peu accidenté et couvert de forêts et qu’il y avait de petites hauteurs. Ils laissèrent la côte à bâbord avec leur écoute tournée vers la terre. Ils naviguèrent deux doerg et ils aperçurent une autre terre. […] Ils s’approchèrent bientôt de cette terre et virent qu’elle était plate et boisée.

Les matelots prétextèrent un manque de bois et d’eau pour demander à Bjarni la permission de mettre pied à terre. Le chef refusa et l’on fit voile vers la haute mer. Enfin, après de longs jours, l’expédition arriva au Groenland.

Le fils d’Érik le Rouge, Leifr heppni Eiriksson, décide à sont tour de partir à la recherche des terres entrevues par Bjarni. Parmi les trente-cinq personnes qui l’accompagnent se trouve un homme du Sud, un Germain du nom de Tyrkir. L’expédition retrouve facilement la première terre à laquelle Leifr donne le nom de Helluland, le pays des terres plates; la deuxième reçoit celui de Markland, le pays plat et boisé. Enfin, tous descendent sur une île qui se trouvait au nord de la troisième terre. « Ils y abordèrent et l’explorèrent, raconte la Saga des Groenlandais. Le temps était bon et ils virent de la rosée sur l’herbe. » Ayant regagné leur bateau, « ils arrivèrent à un endroit situé entre cette île et un cap qui pointait vers le Nord ». À nouveau, ils mettent pied à terre. « Ils descendirent leurs hamacs et se construisirent de grands abris. Ils décidèrent de s’y installer pour l’hiver et bâtirent de grandes huttes. Il ne manquait pas là de saumons, tant dans la rivière que dans le lac, et des saumons plus grands qu’ils n’en avaient vus auparavant. La contrée tout autour leur parut posséder de telles qualités que le bétail n’aurait pas besoin de fourrage pendant l’hiver. L’herbe ne blanchissait presque pas. La longueur relative des jours et des nuits était plus égale qu’au Groenland. » La découverte de vignes sur cette île lui vaut alors le nom de Vinland.

De retour au Groenland, Leifr décrit dans le détail son séjour au Vinland. Son frère Thorvaldr prétend qu’il n’a pas suffisamment exploré le territoire. Il décide de s’y rendre à son tour avec trente hommes à bord. Lors de son périple, il découvre une terre qui lui semble agréable et ordonne à ses hommes d’y construire une maison.

Les habitants de ce territoire, surnommés Skraelings par les Vikings, voient d’un mauvais œil cet envahissement par des étrangers qui ne reculent pas devant l’assassinat. Les Skraelings, « sur leurs canots de peau », se lancent à l’attaque du navire sur lequel se sont réfugiés les Vikings. Thorvaldr est mortellement blessé. Comme il l’avait demandé, ses hommes l’ensevelissent à l’endroit du campement, une croix plantée à sa tête, une autre à ses pieds.

Au cours des deux siècles suivants, les Vikings effectuent d’autres voyages au Vinland, y construisent des maisons et en cultivent la terre. L’hostilité des Skraelings rend leur situation de plus en plus précaire. Vers la fin du XIVe siècle, la présence viking en Amérique du Nord paraît n’être plus qu’un vague souvenir.


Extrait d’Histoire Populaire Du Québec par Jacques Lacoursière, pp. 10-11




L'Anse aux Meadows (Anses aux Méduses)

En 1960 l’explorateur et docteur norvégiens Helge Ingstad et sa femme archéologue Anne Stine Ingstad découvrirent les restes d’un village scandinave. Les fouilles s’échelonnèrent sur plusieurs années et exposèrent l’existence d’habitations et d’outils datant de 500 ans avant la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb. Certains croient qu’il s’agirait de la légendaire colonie établie par Thorvaldr en Vinland, mais la présence de vignes sauvages est peu probable dans cette région septentrionale, même en ces années de température plus clémente. Les différentes preuves accumulées sur le site prouvent toute foi hors de tous doutes la formation d’une petite colonie Viking à Terre-Neuve vers l’an 1000.




Bjarni Herjólfsson (Gunnbjom)

Bjarni était un marchand norvégien et beaucoup croient qu’il s’agit du premier Scandinave à avoir aperçu l’Amérique et, comme de nombreux autres faits historiques, la découverte fut accidentelle. En 986, lors d’une tempête, il s’écarte de sa route en se rendant au Groenland et aperçoit ce que l’on croit être le Labrador ou Terre-Neuve. Quatre ans plus tard, il fait part de sa découverte au comte Érik le Rouge (Eirikr Thorvaldsson). À sa mort le fils d’Érik le Rouge, Leifr, acheta son navire.




Drakkar

Grâce à leurs Drakkars, les Vikings étaient à cette époque un des seuls peuples à pouvoir s’aventurer en haute mer. Ils mesuraient en moyenne 24 mètres, certains pouvaient atteindre une longueur de 80 mètres, et possédaient un mat haut de 18 à 20 mètres soutenant une voile de 100 mètres carrés. Véritable avancée technologique, le Drakkar donnait un précieux avantage aux Vikings en raison de sa rapidité sur mer, ils pouvaient attaquer et se replier à une vitesse inégalée.




Eirik Thorvaldson, Erik le Rouge

Banni de l’Islande pour trois ans après le meurtre de son voisin, qui avait lui-même tué quelques esclaves lui appartenant, il choisit d’établir une colonie au Groenland vers 985 partant à la tête de 25 navires dont seulement 14 purent se rendre à destination, les chercheurs sont incertains du destin des 11 autres navires, mais on croit qu’ils ont simplement rebroussé chemin pour revenir plus tard. Chef suprême du Groenland, il eut trois fils et une fille (Thorsten, Leifr, Thorvaldr et Freydis) qui marquèrent à leur façon l’histoire de cette région. À l’origine, on croit que la colonie était composée d’environ 500 personnes et ce nombre a pu atteindre entre 2000 à 3000 âmes lors de sa plus grande période de prospérité. Toute foi, vers l’an 1350 la population s’est mise à diminuer et dès 1500 il ne restait plus rien des Vikings au Groenland. Érik le Rouge mourra païen malgré la conversion de son fils Leifr.

Si Érik le Rouge n’avait pas été banni d’Islande, aurait-il fondé une colonie au Groenland? Est-ce que les Vikings de ce temps étaient de véritables explorateurs à la recherche d’aventure? Ou de paisibles cultivateurs? La première motivation d’Érik le Rouge était certes la survie, mais le choix de coloniser le Groenland n’était probablement pas la voie la plus facile à suivre. Coloniser cette terre inconnue faisait déjà partie des rêves des Vikings d’Islande, Eirik et ses hommes réussirent cet exploit et passèrent donc à l’histoire devenant ainsi un symbole de fierté pour le peuple scandinave.




Leifr Eiriksson

Fils d’Érik le Rouge et explorateur il serait le premier Européen à avoir posé les pieds en Amérique du Nord. Vers 999 Leifr se convertit au Christianisme et reçoit une mission du roi Olav Tryggvason, faire la conversion des habitants païens du Groenland.




Normandie

Les pillages de Portland de 789 à 802 et la mise à sac de Lindisfarne dans le nord de l’Angleterre sont les premiers témoignages du nouveau rôle que va jouer le peuple viking dans l’ouest de l’Europe. En l’an 841, la ville de Rouen est incendiée et en 845 une flotte viking remonte la Seine jusqu’à Paris. Le roi Charles le Chauve, devant cette puissance, n’a d’autre choix que de payer rançon afin d’éviter le pillage.

Vers l’an 850 les Vikings, conscients du peu d’efficacité des défenses franques, décident d’établir des camps permanents sur les îles de la Loire et de la Seine afin de pouvoir y hiberner. Ainsi, ils pourront envahir le royaume franc plus profondément lors des belles saisons.

Les attaques se poursuivent donc presque tous les ans pendant la deuxième moitié du IXe siècle, les victoires allant la plupart du temps du côté viking.

Les rois carolingiens (un des plus puissants royaumes francs à l’époque) décident donc de former de grands commandements militaires afin de répondre aux attaques régulières des Scandinaves. Toute foi la formation de ces commandements ne refroidit pas les ardeurs de ces derniers, ils contrôlent toujours des territoires de la Seine et de nombreux autres situés à l'ouest du fleuve. Les régions de Contentin et de l’Arvanchin sont bientôt abandonnées par les Carolingiens aux mains des Bretons en 867 prétextant que ceux-ci pourraient en assurer une meilleure protection, toujours au service du roi des Francs biens sur. En 905, Rouen possède toujours un comte-représentant du roi, mais il est beaucoup trop désorganisé pour offrir une résistance quelconque aux Vikings de la Seine.

En 911 le Roi Charles le Simple n’a d’autres choix que de négocier avec un des chefs Normands, c’est donc de ces négociations que naît la Normandie, le territoire, dont Rouen devient la capitale, est accordé au norvégien Rollon qui devra en contre partit en assurer la protection contre les futures attaques Vikings.

Lors des 22 ans qui suivirent, Rollon et son fils Guillaume Longue Épée travaillèrent à bâtir les frontières de ce qui deviendra l’un des principaux royaumes de France. Les relations avec les pays nordiques étant encore très présentes à ce moment, elles disparaîtront peu à peu avec les longs règnes prospères de Richard I (942-996) et Richard II (996-1026). La population scandinave sera progressivement diluée dans la masse et la Normandie deviendra part intégrale du royaume franc et chrétien.




Rollon

Les historiens croient que le Viking Rollon a commencé sa carrière en tant que mercenaire au service d’un roi anglo-saxon. Opérant pour son compte par la suite il aurait participé à l’attaque menée contre Paris de 886-887, profitant de cette guerre il se serait emparé de Brayeux et d’Evereux en Normandie. La reconnaissance qu’il obtient par les puissants de son temps ne l’empêchera pas de toujours prendre part aux expéditions de pillages saisonnières, ce qui pourrait nous porter à croire qu’il était avant tout un homme d’action. Malgré une défaite à Chartre en 911, sa puissance restera assez grande pour permettre les négociations mèneront à la naissance de la Normandie.

Cet accord qui fera de Rollon comte de Rouen aura toute fois une autre conséquence. Rollon devra être baptisé et deviendra donc chrétien. Ce baptême lui permettra de se faire mieux accepter par la population à majorité chrétienne et du même coup lui permettra de négocier avec leur chef spirituel, l’archevêque de Rouen. Le Viking Rollon se nomme désormais le comte Robert.

Ce choix de conversion vers le Christianisme soulève quelques questions. Pourquoi Rollon a-t-il choisi de nier ses croyances païennes? Pour la richesse et le pouvoir. Les hommes de ce temps étaient certes de grands aventuriers vivants des vies excitantes, mais plusieurs d’entre eux étaient avant tout des marchands, cherchant la facilité et leurs vies d’aventures n’étaient pas toujours un choix, mais une obligation. Pour Rollon la conversion était la facilité. Peut-être avait-il vraiment la foi? Nul ne peut le dire. Quoi qu’il en soit, il était un grand stratège, la Normandie connaitra la prospérité et la paix sous son règne et cette partie forte du royaume franc ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui sans ses efforts et ceux de sa descendance.




Skraelings

La véritable identité des peuples qui habitaient le Markland et le Vinland à l’époque de la colonisation des Vikings est encore aujourd’hui un mystère. Les peuples des premières nations d’aujourd’hui n’étant pas se qu’elles étaient à l’époque et étant le plus souvent nomades, il est très dure de faire un lien avec les peuples du Xe siècle et ceux de notre temps. On croit tout de même que la tribu Béothuk, qui serait apparentée aux Innus, habitait la région de Terre-Neuve à l’époque des explorations scandinave. Est-ce les Skraelings que parle la Saga d’Érik le Rouge? On ne peut le confirmer, la Saga ne contenant aucune information sur les mœurs et coutumes de ces étrangers. Toute foi on croit qu’à la fin des années 1200 les Thules (ancêtres des inuits modernes) sont arrivés de l’est pour s’établir dans le nord du Groenland. Ils se seraient déplacés vers le sud par la suite et côtoyé la population scandinave. Les chercheurs ne connaissent pas la nature de ces relations, mais des figurines de bois sculptées par les Thules prouvent qu’ils étaient conscients de la présence viking.

Les « canots de peaux » décrient par les Vikings sont en réalité des canots d’écorce. Plus facile à manœuvrer ces canots donnèrent un avantage que les Vikings n’avaient pas avec leurs immenses drakkars.

Pour ces Scandinaves, le terme Skraelings désignait une personne ayant une apparence, une vie et une langue différentes. Tout comme les Grecs appelaient tous ceux ne parlant pas leur langue, des barbares. Il était saint pour ces peuples anciens de préserver une identité forte afin de pouvoir préserver leur caractère distinct.




Thorfinnr Thordarson (Thorvaldr)

Thorfinnr Karlsefni Thordarson est le premier Européen à tenter d’établir une colonie en Amérique plus précisément à l’Anse aux Meadows, que l’on croit être Terre-Neuve. Thorvaldr possède 3 bateaux et 160 personnes l’accompagnent dans cette aventure entre l’an 1003 et 1015. Bien que les premières relations avec les Skraelings (Premières nations) semblent amicales, elles s’enveniment très rapidement. Il serait décédé suite à une grave blessure subite au combat. Thorvaldr a choisi une vie basée sur l’aventure et le risque et en paya de sa vie, c’est pourquoi il mérite le respect, malgré son échec, car c’était avant tout un homme qui vivait pour ses convictions et ne se laissait pas guider par la peur de mourir. Il est écrit dans La Saga des Groenlandais qu’au moment de sa mort Thorvaldr fit la déclaration suivante : « Il y a de la graisse autour de mon ventre! Nous avons trouvé un beau pays regorgeant de fruits, mais on ne nous laissera guère en profiter. » Les croix plantées à sa tête et à ses pieds signifient que Thorvaldr était également chrétien.


Vinland

Traduit en français ce mot signifie pays du vin. D’après la description faite par les Vikings du Vinland il est impossible que le Vinland se situe dans le Nord de Terre-Neuve (Anse Aux Meadows), car le climat, même en ces temps, n’était pas propice à l’apparition de vignes dans cette région. Il est plus probable que le Vinland se situe dans le golfe du Saint-Laurent. Les fouilles archéologiques faites à l’Anse Aux Meadows on permit de trouver une coque de noix longue qui est le fruit d’un noyer. Ce fruit se retrouve dans les forêts de feuillus où pousse également la vigne sauvage. À cette époque, de telles forêts se situaient le long des côtes du nord-ouest de la Nouvelle-Écosse, de l'est du Nouveau-Brunswick et de l'Île-du-Prince-Édouard.

Situer à deux ou trois jours de navigation de l’Anse-Aux-Meadows ces côtes serait l’endroit où, pour la première fois de l’histoire de l’humanité, des hommes partis explorer l’Ouest rencontraient des hommes explorant l’Est. Un tout Nouveau Monde s’ouvrait à ces deux civilisations, mais ce n’est que 500 ans plus tard que des hommes venus d’occident purent coloniser ce Nouveau Monde.

12 nov. 2008

Pour un vrai changement

Le déclenchement des élections par M. Charest en cette période de crise économique nous prouve bien une chose, les partis politiques actuels sont incapables de travailler ensemble. On serait donc en droit de se demander : pourquoi sont-ils incapables de coopérer? La réponse est fort simple, les partis politiques ne travaillent pas à l’amélioration du Québec en tant qu’entité nationale, mais travaille simplement pour leurs partis respectifs. Contrairement à leurs prétentions, une grande majorité de nos politiciens n’ont pas les intérêts du Québec à cœur, mais sont plutôt des carriéristes ayant avant tout des ambitions personnelles. Si leurs prétentions étaient véridiques, ils n’auraient aucune difficulté à arriver à des compromis afin de pouvoir améliorer le sort de notre patrie, mais voilà! Les propositions pragmatiques de nos partis se font rares et le consensus est donc impossible.



Les sondages le démontrent bien, les Québécois ne voulaient pas de ces élections, non seulement parce que nous venons tout juste de sortir des élections fédérales, mais aussi, parce que nous savons très bien que le résultat des prochaines élections ne fera aucune différence. Les libéraux risquent fort d’être encore minoritaires au parlement, mais au-delà du résultat de ces élections, un désintéressement généralisé de la politique par les citoyens du Québec est symptomatique d’une désillusion du peuple quant à notre élite politique. Le peuple n’y croit tout simplement plus, à cette politique de la langue de bois, cette politique vide, sans idée de grandeur, sans signification réelle.



C’est pour ces raisons que tout mon appui va à M. Victor-Lévy Beaulieu. Un homme qui a vraiment à cœur les intérêts de notre nation et qui a surtout le verbe clair. J’ai donc grand espoir que M. Beaulieu pourra brasser la cage de nos politiciens si seulement les grands médias du Québec ne le boudent pas et cesse de lui faire mauvaise presse sans raison valable. J’invite les citoyens du comté de Rivière-Du-Loup et Les Basques à laisser de côté les préjugés véhiculés par nos chers médias et à s’informer de la politique de M. Beaulieu avant de faire leur choix électoral.